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A Pau, l'enquête piétine...
A Pau, l'enquête piétine... © Getty

Feu au Poste : Loi du silence (Affaire Incendie Poste Ronsard)

Diffusion du mercredi 3 octobre 2018 Durée : 3min

Samedi 27 septembre 2003, notre département fait tristement la une des journaux télévisés du soir : une dizaine d’individus cagoulés ont incendié dans l’après-midi un poste de police à Pau. Les antennes Bayonnaises et Paloises de la PJ commencent leur enquête...

La PJ déploie de gros moyens afin d’identifier les incendiaires du poste de police Ronsard. Le soir même, plusieurs enquêteurs arrivent de Bayonne et de Bordeaux pour renforcer l’antenne locale du SRPJ. L’ambiance est survoltée au nord de Pau. Dans la nuit, plusieurs véhicules de police essuient des jets de cailloux. Deux équipes de journalistes de France 3 et LCI se font dérober leurs caméras de reportage près de la MJC. Le lendemain, 2 gamins sont interpellés. Ils déambulaient sur la voie publique tenant chacun un bidon d’essence à la main. La BAC contrôle leur identité. Pourquoi ce carburant ? Pour « la mobylette d’un copain selon l’un », pour la voiture « d’un pote » selon l’autre. Bizarre. Les 2 gamins sont placés en garde à vue, le temps de vérifier leur emploi du temps au moment où le Poste Ronsard a été incendié. Ils sont rapidement mis hors de cause. 

Mardi 1er octobre, il est 6h du matin. Une centaine de CRS et d’enquêteurs venus de Bayonne et de Pau font une descente dans la cité de l’Ousse des Bois. L’opération coup de poing vise à perquisitionner les caves à la recherche de carburant, d’armes ou de drogue. Mais, il s’agit aussi de réaffirmer l’autorité de la police singulièrement mise à mal 3 jours plus tôt. Afin que ça se sache, la presse a été conviée en nombre pour l’évènement.  Sous l’œil des caméras des chaînes nationales et du magazine « des racines et des ailes », la commissaire Brigitte Jullien supervise les opérations. Certes, la visite matinale dérange : un jeune homme, connu de la police, saute de son balcon en tenue d’Adam avant de disparaître dans le bois voisin. Mais, le bilan de la cueillette est maigre : aucune saisie, aucune interpellation. 2 h plus tard, ils repartent bredouille.

Dans la cité, les rumeurs et les commentaires vont bon train. Beaucoup d’habitants s’expriment à mots couverts. Les enquêteurs devinent le mobile du drame : les incendiaires ont voulu se venger du verdict, trop indulgent à leur goût, rendu la veille aux assises dans l’affaire du meurtre d’un jeune de leur âge. Mais, à la question de savoir qui sont les incendiaires, les enquêteurs se heurtent à l’omerta : motus et bouche cousue ! Les témoins refusent de témoigner, même anonymement. Ceux qui parleraient sont surnommés « les collabos ». Ils redoutent des représailles : voiture brûlée ou agression physique. La police tente bien de secouer ses indics habituels. Des noms circulent. Mais une rumeur n’est pas une preuve. Les fêtes de fin d’année approchent. L’enquête se poursuit mais aucun suspect n’est encore interpellé. Ça ne saurait tarder…