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L'argent des autres
L'argent des autres © Getty

L’argent des Autres. Épisode n°3 : Avis de Tempête.

Diffusion du mercredi 10 avril 2019 Durée : 2min

Thierry nous raconte l’incroyable mésaventure qu’ont vécu des dizaines de clients d’une étude notariale installée à Bruges, dans le Piémont Pyrénéen. L’affaire ne tarde pas à faire la Une de l’actualité…

Au matin du 5 novembre 1980, un article de presse sème la panique dans le canton de Nay et au-delà. Selon le quotidien « la République des Pyrénées », la Police Judiciaire enquête sur les malversations financières du notaire Jean de Canet, 62 ans, installé à Bruges. Le trou financier serait colossal : plus de 457.000€ de l’époque ! 

Prudent, le journaliste hésite entre la thèse de la négligence et celle de la malhonnêteté. Un notaire suppléant est désigné pour assurer l’intérim. Il ne peut hélas plus grand-chose. Quelques mois plus tard, l’étude notariale de Bruges est dissoute après 2 siècles de vie prospère.

Le 6 novembre 1980, la Police Judiciaire déboule au village de Bruges. Après une longue perquisition, Jean de Canet est placé en garde à vue pour abus de confiance aggravé et faux en écritures publiques. Un crime gravissime pour un notaire auquel la loi confie le sceau et l’honorabilité de l’État. Face aux enquêteurs, le suspect passe aux aveux. « Je reconnais tout » dit-il en préambule de ses interrogatoires. Après des décennies de cachotteries et de mensonges, l’ex notaire de campagne ne cache dorénavant plus rien. Les enquêteurs vont de découvertes en découvertes. Voilà 27 ans que l’étude notariale de Bruges partait à vau l’eau. Personne n’a jamais rien décelé. 

Lors des contrôles précédents, Me de Canet était prévenu à l’avance.

Le soir même, Jean de Canet est inculpé par le Juge d’instruction Palois. L’ex notaire risque maintenant la prison puis les assises. L’affaire fait la Une de la presse départementale et des conversations. En quelques jours, plusieurs dizaines de victimes se manifestent. Des gens modestes qui étaient aussi des voisins ou des amis d’enfance. Retraités, artisans, agriculteurs, ils réalisent qu’ils ne verront plus l’argent que de Canet leur promettait de rembourser. 

Au palais de justice, l’affaire fait mauvais genre. Certains plaignants reprochent à ses pairs d’avoir fermé complaisamment les yeux. A son assurance maintenant de réparer ce désastre.