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Direction le bagne...
Direction le bagne... © Getty

L’Or ne fait pas le Bonheur. Épisode n°5 : Mort Lente

Diffusion du vendredi 18 octobre 2019 Durée : 2min

A l’été 1857, la Soule et le Pays Basque vivent au rythme d’un fait divers dramatique : deux dames habitant une villa cossue de Viodos sont tuées par des cambrioleurs qu’elles ont surpris en plein forfait. Ce crime barbare sème rapidement la désolation dans l’ensemble du département...

Dans le village Souletin de Viodos, c’est la consternation. Les villageois apprennent, effarés, l’horrible nouvelle : Marie-Jeanne Canton, et sa servante, la fidèle Marie Habiague, ont été sauvagement exécutées par deux cambrioleurs qu’elles ont surpris en plein forfait. La scène de crime est si sanglante que l’un des gendarmes, venus de Mauléon, s’évanouit sur le champ. Avertis de ce double crime en pleine campagne, le juge d’instruction et le procureur impérial du tribunal de Saint-Palais se rendent le soir même à Viodos, à cheval. Une conclusion s’impose : le vol est le mobile du double crime. Le 7 juillet, les gendarmes de Bayonne informent le juge qu’ils viennent d’interpeller deux suspects dans une ferme, à Bardos. Pressés de questions, les deux fuyards passent aux aveux. Inculpés de vols aggravés et de meurtres, Plachot et Sangla retournent à la case prison. Rosier, le troisième comparse, finit par les rejoindre, pour complicité.

Novembre 1857, Plachot, Sangla et Rosier prennent un ticket pour le palais de justice de Pau. Leur procès s’ouvre devant la Cour d’Assises des Basses-Pyrénées, quatre mois à peine après le double meurtre sanglant qui a endeuillé la Soule. La bonne société paloise, ville anglaise à l’époque, se bouscule aux portes du tribunal. D’élégantes dames et des messieurs coiffés de chapeaux haut-de-forme viennent en spectateurs à ce retentissant procès où la presse nationale a dépêché ses chroniqueurs judiciaires. Les trois brigands de grand chemin risquent en effet leur tête. L’avocat général réclame, sans état d’âme, la guillotine contre ces trois hommes qu’ils qualifient « d’irrécupérables ». Leurs avocats invoquent l’indulgence au bénéfice de trois chercheurs d’or trop crédules. Verdict : travaux forcés à perpétuité ! Autrement dit, une condamnation à mort déguisée. Au bagne de Guyane, les maladies tropicales faisaient office de guillotine sèche...