Replay du mardi 1 octobre 2019

La Bourse ou la Vie / Épisode n°2 : 20 millions (Affaire du rapt de Sare)

C'est une affaire rarissime dans les archives judiciaires du Pays Basque : un commerçant Luzien, qui rentre chez lui, dans la nuit du 27 septembre 1994, tombe sur trois inconnus cagoulés et armés. En une fraction de seconde, l’homme bascule dans la peur...

En mauvaise posture...
En mauvaise posture... © Getty

En une fraction de seconde, trois hommes surgis de nulle part ouvrent la porte de la Golf. L’un d’eux colle un revolver contre la tempe du commerçant Luzien. « Bouge pas, fais ce qu’on te dit ! ». Bernard obtempère. Ses agresseurs l’extirpent violemment puis le menottent dans le dos, avant de recouvrir son visage d’une cagoule. Pris en otage, il s’allonge sur la banquette arrière du véhicule. Ses deux ravisseurs s’installent à l’avant de la Golf. Le troisième prend le volant du véhicule suiveur. Les deux voitures démarrent en trombe vers une direction inconnue. Bernard scrute le moindre mot entre les ravisseurs. Il est mort de trouille. Quel sort l’attend ? Ces trois hommes n’ont rien de policiers. Usant de talkie-walkie, ils s’interpellent en usant de noms de codes : « Zébra », « Colonel », « Sergent » … Une heure plus tard, le véhicule s’arrête. Les ravisseurs empoignent Bernard et le fouillent. Ils lui dérobent 3.000 francs en espèces puis l’enchaînent à une mangeoire.

Bernard comprend qu’il est séquestré dans une ancienne bergerie. Pour éviter qu’il ne les reconnaisse, ses ravisseurs lui placent une cagoule sur le visage et des bouchons dans les oreilles. Quelques heures plus tard, les trois geôliers finissent par lui exposer leur projet. Ils disent appartenir à une « organisation » dont l’objectif est de collecter « l’impôt révolutionnaire » ! Bernard serait-il aux prises d’un commando militaire de l’ETA ? Bizarrement, aucun de ses ravisseurs ne semble parler le basque ! L’ultimatum est simple : s’il veut recouvrer la liberté, Bernard devra exiger de ses proches qu’ils s’acquittent d’une rançon de 20 millions de francs. Rien moins. Pour se faire bien comprendre, les ravisseurs joignent le geste à la parole : coups au visage, une grenade placée entre les jambes ou simulacre de roulette russe. Les heures passent. Bernard a 24h, pas une de plus, pour réunir le magot. Sinon, il est en danger de mort...