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Affaires classées

"Affaires classées" : affaire maritale...
"Affaires classées" : affaire maritale... © Getty

La Mariée était trop belle. Épisode n°1 : Destination France.

Diffusion du lundi 11 mars 2019 Durée : 2min

"Affaires Classées" raconte l’incroyable histoire d’une adolescente franco-marocaine qui défraya, bien malgré elle, la chronique des faits divers de notre département, au milieu des années 90...

Moktar et Rama naissent au Maroc, dans les montagnes de l’Atlas, au milieu des années 50. 2 décennies plus tard, ils sont à peine majeurs qu’ils décident de s’unir en mariage. Le jeune couple donne alors naissance à 4 enfants dans cette région rurale, pauvre et isolée, du royaume chérifien. En 1992, Moktar tente sa chance en métropole. Il obtient une carte de séjour temporaire grâce à laquelle il emmène épouse et enfants en banlieue parisienne. La petite famille pose ses valises à Épinay-sur-Seine. Les enfants sont, certes, scolarisés à l’école de la République mais la petite famille peine à s’acclimater. Le père vit de petits boulots tandis que son épouse vit recluse au foyer. Le couple vit selon des traditions religieuses plutôt strictes, voire extrémistes. Comme au bled.

En septembre 1995, la petite famille s’installe à Pau, imaginant sans doute que « la misère y est moins pénible au soleil ». Grâce aux services sociaux, ils s’installent dans un appartement situé 12 rue de Portet, en plein cœur du quartier sensible de l’Ousse des Bois. Au même moment, Nadia, leur plus jeune fille, souffle sa 17ème bougie. Elle est en terminale dans un lycée palois. L’ado confie son mal-être à plusieurs copines de son lycée. A l’écouter, Nadia redoute que son père l’emmène au Maroc pour la marier de force à un cousin qu’elle n’a jamais vu, hormis sur un cliché photographique. Cet homme, elle n’en veut surtout pas. Il est obèse. Il louche. Il a la cinquantaine bien sonnée. Nadia prévient : elle préférera fuguer que subir ce mariage forcé !

Cette rumeur de mariage forcé remonte aux oreilles du proviseur. Lequel alerte aussitôt les services de la protection de l’enfance. Aux yeux de la Loi, il y a danger. Selon l’article 146 du code civil, « Point de mariage sans consentement ». Or, consentir ne signifie pas seulement « dire oui » à l’officier d’état-civil. La loi française exige que l’intention matrimoniale soit libre et réfléchie. Le père de la jeune Nadia n’est pas de cet avis. La Loi, il s’en moque. Il agira selon les traditions religieuses qu’il a apprises là-bas, dans son pays natal. Selon Moktar, sa fille se mariera, de gré ou de force, avec l’homme qu’il lui désignera. Et peu importe que Nadia refuse ce cousin qu’elle décrit comme « repoussant ». Un matin de janvier 1996, la jeune fille disparaît subitement. Elle est introuvable...