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Une conclusion surprenante...
Une conclusion surprenante... © Getty

La Mariée était trop belle. Épisode n°5 : Destination Tribunal

Diffusion du vendredi 15 mars 2019 Durée : 2min

Dernier épisode de la semaine consacré à la mésaventure de Nadia, une jeune Franco-Marocaine, dont l’histoire a défrayé la chronique judiciaire du département, au milieu des années 90. A l’automne 1997, la Justice paloise s’apprête à juger ses parents…

Après une longue année d’enquête, le Juge d’instruction, Christian Mirande, boucle son dossier. Il a la conviction que Moktar et Rama, ce couple marocain installé à Pau, a enlevé manu militari leur fille Nadia, de sa famille d’accueil, avant de la séquestrer durant 8 jours. L’homme clef de cette sordide expédition, c’est Mohamed, leur fils âgé de 23 ans. Ayant mauvaise conscience, le jeune homme a pris la tangente. Lui aussi. Un an plus tard, les douaniers de Roissy lui passent les menottes à sa descente d’avion. Direction, le Palais de Justice de Pau. Jeudi 18 septembre 1997, la petite famille marocaine est enfin réunie, menottée, devant ses Juges, au Tribunal Correctionnel. Mais, ce procès est une première du genre. Il n’a vraiment rien d’une joyeuse réunion de famille. 

Moktar, le patriarche, ne manque pas d’insolence : Il dit ne pas comprendre ce qu’il fait là. Le Président Gravie-Plande lui rafraîchit pourtant la mémoire. Par le passé, Moktar avait déjà « vendu » sa fille aînée, moyennant la somme de 3.000€, pour la marier de force à un cousin marocain dont elle est devenue l’esclave. A force de questions, le paterfamilias avoue avoir enlevé Nadia « pour la garder près de lui » … Que dit la plaignante à la barre ? La jeune femme est devenue majeure depuis les faits. A l’écouter, ses parents ne voulaient que son bien ! Oublié d’avoir été tenue en laisse avec un collier de chien ou rasée de force par son frère aîné. Elle pouffe de rire à l’évocation de son calvaire un an plus tôt… Depuis lors, elle a refait sa vie, en région parisienne.

Le procès de Moktar et Rama tourne à la farce. A les écouter, les enfants sont totalement soumis à leurs parents. Ils leur appartiennent comme une chose. L’idée d’un mariage « arrangé » ne les choque pas un seul instant. Nadia, « la victime », résume cette sordide affaire à « une bonne blague de ses parents ». Le Procureur Robert s’indigne de ce conflit de cultures au nom de traditions religieuses extrémistes. Elle refuse qu’une famille, qui vit de l’assistanat des allocations, méprise autant les Lois de la République. Verdict : Prison avec sursis pour les 3 prévenus. Geôliers et victime s’embrassent et se congratulent dans la plus totale indécence. Dans certaines contrées reculées du Maroc, l’obscurantisme pèse si fort que la femme est loin d’être l’égal de l’homme...