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Affaires classées

L'ourse Cannelle star de l'expo "Ours  mythes et réalités" au Muséum de Toulouse
L'ourse Cannelle star de l'expo "Ours mythes et réalités" au Muséum de Toulouse © Radio France - Stéphanie Mora

La Mort de l’Ourse Cannelle : épisode 2

Diffusion du mardi 30 octobre 2018 Durée : 3min

« Affaires Classées » évoque un fait divers qui fit grand bruit, du Béarn jusqu’au palais de l’Elysée : la mort de l’ourse Cannelle en Vallée d’Aspe, le 1 novembre 2004…

Lundi 1 novembre 2004, jour de Toussaint, René Marqueze et 5 chasseurs de l’ACCA d’Urdos se retrouvent au matin pour entreprendre une battue aux sangliers au-dessus du Village d’Urdos, dans le secteur du Rouglan. L’un des membres de la battue recommande la prudence à ses camarades : selon le directeur de l’Institution Patrimoniale du Haut-Béarn, des traces récentes d’ours ont été repérées dans le secteur. Les 6 hommes partent donc en battue et tirent un chevreuil. En fin de matinée, ils se retrouvent à la cabane du Rouglan pour y déjeuner. Puis, ils repartent poursuivre leur partie de chasse dans le secteur de « la Deux ». 6 chiens les accompagnent. Subitement, les chasseurs sont intrigués : sur le chemin qui mène au Fort du Pourtalet, l’aboiement de leurs chiens leur laisse penser qu’ils ont débusqué un sanglier. Mais en réalité, les chiens reviennent en meute vers le traqueur. Francis, le traqueur, voit avec surprise que les chiens sont poursuivis par un ours ! L’homme pousse alors un cri pour faire fuir l’animal qui se montre impressionnant : l’ours se dresse en hauteur, grogne et accroche un chien. Le traqueur tire alors un coup de feu en l’air pour que l’ours lâche le chien blessé.

L’ourse s’éloigne de quelques mètres puis revient vers le traqueur. L’animal souffle bruyamment et s’apprête à charger Francis mais rebrousse finalement chemin. Le traqueur, Francis, décide de quitter immédiatement les lieux et se précipite pour alerter 3 de ses amis chasseurs et cesser immédiatement la chasse afin, prévient-il, de « laisser l’ours en paix». A cet instant, René Marqueze ignore tout du face à face qui vient de se produire. Il est à plusieurs centaines de mètres de ses camarades. Soudainement, dans un étroit couloir, René Marqueze voit quelque chose passer. Stupéfaction : il découvre un ours qui remonte à toute allure le couloir dans sa propre direction. La rencontre est inévitable. René Marqueze s’est éloigné de ses camarades. Il est sur un étroit passage, le long d’une falaise, proche d’un précipice situé en contrebas. Position périlleuse sinon dangereuse pour lui. Seul, isolé de ses 5 camarades, il ne parvient même pas à les alerter via son portable pour demander de l’aide. Soudainement, l’homme chute avec son chien, perdant casquette et fusil, retenu sur une minuscule terrasse faite de ronces à laquelle il se raccroche. Il récupère son fusil et attend de longues, de très longues minutes, qu’on lui vienne à l’aide.

René Marqueze raconte qu’il voit l’ours aller et venir au-dessus du point de chute où il s’est réfugié. Apparaissant, disparaissant, l’ours donne l’impression à René Marqueze de le « garder ». « J’ai cru que ma vie était finie » dira-t-il. Croyant la bête repartie, Marqueze remonte le talus par un couloir très escarpé. Subitement, l’ours déboule du sommet, bruyamment, Marqueze panique, il se retourne et tire, fusil à la hanche. Un seul coup de feu éclate. « C’était elle ou moi » dira-t-il ! L’ours s’effondre dans la pente. René Marqueze ne sait même pas s’il l’a blessée ou tuée. L’homme de 61 ans est brisé, effondré, en larmes. Il pleure comme un enfant. Les cris de l’ourson en contrebas le déchirent et hanteront longuement ses nuits. Il donne l’alerte immédiatement. A 18h, les gendarmes et gardes-chasse découvrent la dépouille, la victime est Cannelle, la dernière ourse femelle de souche Pyrénéenne. Le terrible feuilleton judiciaire commence...