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Les héritiers de Ravel cachent leur fortune dan un paradis fiscal
Les héritiers de Ravel cachent leur fortune dan un paradis fiscal © Getty - Getty

La Valse des Ombres, l'affaire du Boléro de Ravel : Exil au soleil

Diffusion du jeudi 29 novembre 2018 Durée : 2min

80 ans après la disparition du célèbre compositeur Basque Maurice Ravel, Thierry Sagardoytho nous raconte cette semaine l’incroyable destin des droits d’auteur de l’une des œuvres françaises les plus connues au monde.

Son unique héritier, son frère cadet Édouard, disparaît en 1960. La fortune des Ravel tombe alors en de bien vilaines mains.

Jeanne et Alexandre Taverne sont maintenant millionnaires. Ils déménagent de Saint Jean de Luz à Biarritz où ils s’installent dans une luxueuse villa qu’ils baptisent « le Belvédère », en hommage à la villa que Maurice RAVEL occupait dans les Yvelines, à Montfort l’Amaury, lors de sa disparition. Le couple mène grand train. Il s’offre de luxueuses voitures et des chevaux de course. Pour se donner bonne conscience, les Taverne improvisent « un musée RAVEL » au Pays Basque qu’ils présentent pompeusement sous les clichés photos de la presse locale : textes, partitions, objets personnels du défunt Maurice… Alexandre Taverne, l’ancien coiffeur devenu richissime, pose même avec la canne à pommeau d’or ayant appartenu au célèbre compositeur. Jeanne Taverne décède en 1964. Alexandre hérite alors de 48,6 millions d’euros de droits d’auteurs versés par la SACEM. L’ancien coiffeur est à l’abri du besoin.

Veuf depuis peu, Alexandre Taverne épouse à présent Georgette Lerga. La pétillante manucure teinte en blonde travaillait autrefois dans son salon de coiffure. Native de Biarritz, Georgette s’installe à son tour au « Belvédère ». La fortune, c’est agréable, mais la gérer habilement, c’est mieux. Entre alors en scène Jean-Jacques Lemoine. Il est l’ancien directeur juridique de la SACEM. Le dossier RAVEL, il le connaît sur le bout des ongles. De son poste, il a vu la cagnotte des droits d’auteur grossir démesurément. Alléché par la cagnotte du Boléro, prend sa retraite de la SACEM et devient, en un tour de passe-passe, Avocat au Barreau de PARIS. Sitôt prêté serment, Lemoine offre ses services à Alexandre Taverne dont il devient l’homme de confiance. L’homme de robe regorge d’idées pour faire fructifier le magot. A commencer par la création d’une société offshore qui va planquer les droits d’auteur au soleil