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La libération de la France par les forces alliées démarre le 6 juin 1944 sur les côtes normandes.
La libération de la France par les forces alliées démarre le 6 juin 1944 sur les côtes normandes. © Getty

Le 5ème Homme. Épisode n°3 : Direction le Maquis.

Diffusion du mercredi 12 juin 2019 Durée : 2min

Chacun se souvient du Débarquement héroïque des Forces alliées en Normandie, il y a 75 ans. Dans notre département aussi, des anonymes se sont battus, au prix de leur vie, pour chasser l’occupant Allemand. 3 jours après la Libération de Bayonne à Pau, les Policiers découvrent un charnier de 5 corps.

L’endroit est désert. Un petit ruisseau s’écoule à quelques mètres de ce sous-bois situé au lieu-dit « le Lanot », sur la commune d’Idron. C’est là, à l’abri des regards, que 5 patriotes sont tombés sous les balles des soldats allemands. Morts en héros. Tombés pour la France. Dans l’après-midi du 27 août 1944, les Policiers de la 17ème Brigade arrivent au bois du Lanot. Sous une mince couche de terre, près d’un taillis, ils découvrent 5 corps ensevelis les uns sur les autres. Leurs visages sont méconnaissables. Le médecin légiste arrive sur place. Son diagnostic tombe. Tous présentent des traces de balles, dans la tête ou dans la poitrine. Le Dr Bourgouin en a vu d’autres. Il ne peut s’empêcher de noter que les visages portent les traces d’une souffrance atroce.

L’identification des 5 suppliciés pose question. Avant de les enterrer, leurs bourreaux ont soigneusement effacé les traces de leur identité. Le Commissaire Pedoussaut et ses inspecteurs se mettent au travail. En examinant à la loupe les vêtements des 5 martyrs, leurs poches et leur corpulence, les Policiers finissent par identifier 3 d’entre eux : Michel, Pierre et Louis étaient inspecteurs de Police, affectés à la 17ème brigade régionale de sécurité, l’ancêtre de l’actuel SRPJ. Tout a commencé dans la matinée du samedi 10 juin. Depuis le débarquement des alliés, 4 jours plus tôt, les troupes allemandes basées à PAU deviennent fébriles. Elles se méfient de tout, de tous, et notamment des Policiers Français qu’elles soupçonnent d’aider en douce la Résistance.

Au matin du 10 juin, les Allemands s’apprêtent à perquisitionner le siège de la Police Judiciaire basée 19 rue Pasteur à Pau. En un instant, la quinzaine d’inspecteurs s’enfuie par les fenêtres, précédés de leur chef, le Commissaire Spotti. Le soir même, ces 15 policiers rejoignent les Forces Françaises de l’Intérieur. Ils gagnent le maquis, dans un bois reliant Rebenacq à Arudy. Mais, 3 jours plus tard, un bataillon de soldats allemands solidement armés leur tombe dessus. Les 3 inspecteurs sont faits prisonniers. Après 2 jours d’interrogatoires sous la torture, à la KOMMANDANTUR, les SS décident d’en finir. Ce 15 juin, il est 18h. Un camion bâché traverse le village d’Idron. Il s’arrête à l’orée d’un bois. Une rafale de mitraillettes retentit. Pour eux, c’est fini.