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Le palais de Justice de Pau
Le palais de Justice de Pau © Getty

Le Jour du Saigneur / Épisode n°1 : Jour de Procès (Affaire Jean Ahano)

Diffusion du lundi 16 septembre 2019 Durée : 2min

Janvier 1851, un cultivateur habitant le village Basque d’Ilharre est sauvagement agressé par un inconnu qui tentait de le cambrioler. A l’heure du crime, les villageois priaient à l’église du village. Tous sauf un. Qui est le meurtrier qui a sévi le jour du Seigneur ?

Il règne une chaleur étouffante sur le Béarn en ce 9 août 1851. Pourtant, une foule de curieux se presse, de bon matin, aux portes de l’ancien Palais de Justice situé au cœur du quartier historique de la cité royale. Tous espèrent trouver une place dans la salle d’audience où la Cour d’Assises des Basses-Pyrénées s’apprête à juger un homme de 24 ans. L’accusé du jour se nomme Jean Ahano. Natif du village basque d’Ilharre, au cœur du Pays de Mixe, il répond du crime de meurtre suivi de vol. La foule est là car l’homme joue sa tête. Si les juges le déclarent coupable, il pourrait bien finir sur l’échafaud. Les cloches de l’église Saint Martin sonnent. Il est 9 h du matin. Une diligence à cheval arrive à toute allure en provenance de la prison de Saint-Palais. Les gendarmes extraient le prisonnier qui descend péniblement de la calèche, à cause des fers entravant ses pieds. Sous les hurlements de la foule, l’accusé fait son entrée au Palais de Justice.

Les 3 juges habillés de rouge prennent place dans une salle d’audience pleine à craquer. Le Président Bambalere prononce la phrase rituelle : « Gardes, faites entrer l’accusé ! ». En un instant, le public dévisage celui que la presse décrit déjà comme un dangereux criminel. L’homme est de grande taille. Sa forte corpulence et sa démarche fière impressionnent. Comme si son physique préjugeait déjà de sa culpabilité. L’accusé dit ne parler que la langue basque. L’interprète s’approche. Nom : Ahano. Prénom : Jean. Né à Ilharre en 1826. Fils naturel de Catherine et de père inconnu. Il se dit pêcheur de profession. Mais, habitant au cœur des terres basques, bien loin de l’océan, l’homme vit davantage de petits vols et de vagabondage. Au village, chacun le surnomme « Montpellier ». Cette fois, la justice lui reproche d’avoir tué Daniel, un cultivateur de 70 ans, qu’il a tenté de cambrioler. Pour ce crime, il risque la guillotine...