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Cesare Battisti en 1990
Cesare Battisti en 1990 © Getty

Le Masque de la Plume / Épisode n°2 : J’aurai ta Pau ! (Affaire Cesare Battisti)

Diffusion du mardi 8 octobre 2019 Durée : 2min

Cesare Battisti, cet activiste Italien qui purge, depuis janvier 2019, une peine de prison à vie, pour quatre assassinats commis durant les années de plomb. Savez-vous que l’écrivain a été l’invité d’honneur d’un salon littéraire Palois, à la fin des années 90 ?...

1990, César Battisti se réfugie à Paris où il se reconvertit comme gardien d’immeuble. Hélas, le métier ne l’enchante guère. Durant sa cavale au Mexique, l’ex-terroriste italien s’était découvert une vocation d’écrivain, créant une revue littéraire et un salon du livre à Managua, puis une biennale des arts graphiques à Mexico. Encouragé par un romancier local, Battisti se prend à écrire pour différents journaux. Mais, son passé criminel ne tarde pas à le rattraper. Dès 1987, la justice Italienne délivre un mandat d’arrêt international contre lui. Elle tient à le juger pour quatre assassinats, preuves et aveux à l’appui. En 1993, le procès de Battisti s’ouvre à Milan, en son absence. Il est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité ! L’Italie demande à la France de l’extrader. Refus des juges parisiens aux yeux desquels les lois antiterroristes Italiennes bafouaient les droits de l’homme. Dorénavant, le condamné Battisti vivra librement à Paris.

Ce pied de nez aux autorités italiennes empoisonne durablement les relations diplomatiques entre Paris et Rome. De ce côté-ci des Alpes, des personnalités publiques et politiques, des artistes, des écrivains, se réclamant de gauche, prennent sa défense. Elles le considèrent même comme un « homme de lettres » ! Battisti publie ainsi plusieurs ouvrages. Des romans noirs dont l’action se situe à Paris, au sein de sa communauté en exil, ou dans l’Italie, des années de plomb. En 1997, Battisti s’offre le luxe de décrocher une carte de séjour de 10 ans !  Il entame alors une tournée des salons littéraires à travers la métropole. A l’automne 97, le salon « Noires de Pau » invite Battisti qui y fait une première apparition réussie. Il devient un familier de ce salon prisé par les amateurs de romans noirs. En remerciement, César Battisti écrit un polar sanglant dont la capitale béarnaise sert de trame à l’intrigue. Son titre : « j’aurai ta Pau »...