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Cesare Battisti, des salons à la prison
Cesare Battisti, des salons à la prison © Getty

Le Masque de la Plume / Épisode n°3 : Grâce et Disgrâce (Affaire Cesare Battisti)

Diffusion du mercredi 9 octobre 2019 Durée : 2min

Retour en arrière avec l'affaire Cesare Battisti : le célèbre activiste Italien incarcéré en janvier dernier, après 38 longues années de cavale, a marqué de son empreinte le salon littéraire Palois intitulé « Noires de Pau ». C’était au début des années 2000...

De 1997 à 2003, les amateurs de roman policiers ont rendez-vous, chaque automne, avec leur écrivain fétiche, César Battisti. La fondatrice du salon « Noires de Pau », Lucie Abadia, lui déroule le tapis rouge. Reconnaissant, Battisti lui offre la préface de son polar intitulé « J’aurai ta Pau ». Lucie Abadia ne tarit pas d’éloges envers son invité de marque qu’elle décrit « assidu, curieux, attentif au public, agréable et toujours souriant… ». Au fil des ans, Battisti devient un pilier incontournable de ce salon fréquenté, selon ses mots, par « de la bonne canaille » et soutenu par « quelques entêtés qui croient à la chaleur humaine de l’écriture ». Lorsqu’il vient à Pau, Battisti ne se borne pas à dédicacer ses romans. Celui que la justice Italienne recherche désespérément s’offre une coquetterie suprême : franchir impunément les portes de la prison de Pau où l’administration pénitentiaire l’invite à rencontrer des détenus friands de ses polars.

A l’automne 2003, Battisti est l’invité vedette du Salon Palois du Livre. Il confie à ses hôtes que la France s’apprête à publier au Journal Officiel son décret de naturalisation. Malgré cette heureuse nouvelle, l’écrivain semble tracassé. Ces derniers temps, Battisti a comme l’impression d’être suivi. Le flair d’un ancien fuyard ne trompe pas. Le 10 février 2004, les policiers antiterroristes de la DNAT l’interpellent manu militari dans le hall de son immeuble parisien. L’Italie réclame une nouvelle fois son extradition à la France ! L’ancien activiste est emprisonné aussitôt. Son arrestation déclenche un tollé de protestations : de Guy Bedos au maire de Paris, en passant par l’Abbé Pierre et François Hollande, tous exigent la libération de Battisti ! Un mois plus tard, le voici placé en libération surveillée, le temps que la justice examine la requête des autorités italiennes. De gros nuages s’amoncèlent au-dessus de sa tête...