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Battisti en cavale à Rio
Battisti en cavale à Rio © Getty

Le Masque de la Plume / Épisode n°4 : L’Homme de Rio (Affaire Cesare Battisti)

Diffusion du jeudi 10 octobre 2019 Durée : 2min

L’ex-activiste Italien est sous les verrous en Sardaigne depuis janvier dernier. Et pourtant : durant sa cavale planétaire, Cesare Battisti a noué de solides attaches, dans notre région, en Béarn, grâce à sa carrière d’écrivain. A l’été 2004, cet état de grâce s’achève…

En Juin 2004, la Cour d’Appel de Paris sonne le glas du séjour de Battisti en métropole. La justice autorise le gouvernement Français à extrader l’assassin devenu écrivain, vers son pays natal. La nouvelle crée un coup de tonnerre médiatique et judiciaire. Oublié le projet entamé sous Lionel Jospin, en 2001, d’accorder la naturalisation à Battisti. Oublié le refus de coopérer avec l’Italie posé sous François Mitterrand. Le Président Jacques Chirac jure que rien n’entravera la remise de Battisti à Rome. L’ex-terroriste redoute le pire. Le 21 août 2004, il prend la fuite et entre, à nouveau, dans la clandestinité. Direction : le Brésil. A Pau, ses fidèles amis du Salon du Livre gardent le contact avec l’épouse et les deux filles du fuyard. Une souscription et une collecte de fonds sont mêmes lancées pour lui venir en aide. A Rio, Battisti se cache. Mais, la police Brésilienne tente par tous les moyens de le localiser. Il suffit d’être patient.

La faim fait toujours sortir le loup du bois ! Les mois, les années passent. A Rio, Battisti se fait appeler « Michel Gutierez ». Il loue un modeste appartement près de Copacabana où il se présente sous les traits d’un écrivain français aimable et fauché. Battisti ignore que les policiers français de la Brigade de Recherche des Fugitifs suivent et écoutent plusieurs de ses anciens amis installés de ce côté-ci de l’Atlantique. Des amis particulièrement prudents qui s’appellent entre eux par des numéros ou des pseudonymes… Malgré le portable clandestin qu’il utilise depuis Rio, Battisti commet un faux pas le 4 février 2007. Pressé par un besoin d’argent, le fugitif demande de l’aide à un membre de son réseau de soutien à Paris. La voix blanche du fugitif met aussitôt les policiers en alerte ! Ils épluchent les noms de tous les voyageurs embarquant à destination de Rio. Ce 18 mars 2007, une paloise est au décollage…