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Fin de cavale pour Cesare Battisti
Fin de cavale pour Cesare Battisti © Getty

Le Masque de la Plume / Épisode n°5 : Retour au Bercail (Affaire Cesare Battisti)

Diffusion du vendredi 11 octobre 2019 Durée : 2min

Au début des années 2000, Cesare Battisti a posé ses valises chez nos voisins Béarnais, grâce à sa carrière d’écrivain. En 2004, la France annonce qu’elle le remettra à Rome qui le réclame. Débute alors une longue cavale planétaire...

Vendredi 16 mars 2007, les Renseignements Généraux scrutent le domicile parisien de la romancière Fred Vargas, l’indéfectible présidente du comité de soutien à César Battisti. Une femme vient y passer la nuit. Le lendemain, cette inconnue se rend à l’Aéroport de Roissy. Elle embarque sur le vol Air France 442 à destination de Rio. Les policiers se mettent au travail. La dame est âgée de 55 ans. Elle se nomme Lucie Abadia. Elle est la présidente du Salon littéraire « Noires de Pau », là même où Battisti se rendait chaque automne, 6 années durant. Les policiers alertent aussitôt leurs homologues Brésiliens. L’avion se pose le lendemain matin à Rio. La voyageuse ignore qu’elle est suivie, mètre après mètre, par quatre agents du Renseignement. A la douane, elle dit venir « en touriste » et déclare transporter la somme de 9.400€ en cash. « Ses économies » affirme-t-elle. Les policiers la filent jusqu’à son hôtel situé en front de mer. 

La touriste béarnaise dépose ses bagages à l’hôtel. Elle déambule sur le front de mer. Un homme amaigri s’approche. Quatre policiers l’interpellent. Fin de cavale. Battisti retourne en prison. A Pau, Lucie Abadia proteste haut et fort de sa bonne foi. Ce rendez-vous manqué est une coïncidence ! Jamais elle n’a joué la chèvre faisant sortir le loup du bois. Soit. Dans sa prison Brésilienne, Battisti se prend à rêver d’une amnistie. Il est à nouveau libéré en juin 2011. Sitôt élu, Jaïr Bolsonaro promet de le livrer à l’Italie qui le réclame plus que jamais. C’est chose faite le 12 janvier 2019. Battisti est localisé en Bolivie, trahi par le wifi de son portable. De retour en Italie, l’homme de plume tombe le masque. Après quatre décennies de fuite et de mensonge, il plaide coupable. Battisti avoue s’être « moqué de tous ceux qui l’ont aidé ». Ses amis palois apprécieront. Des amis si naïfs, si crédules, qu’il n’a même pas eu « besoin de leur mentir » …