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Francis Heaulme au tribunal
Francis Heaulme au tribunal © Getty

Le pélerin du crime (l'affaire Francis Heaulme) : La tête du tueur

Diffusion du vendredi 7 décembre 2018 Durée : 3min

Thierry Sagardoytho nous apprend que Francis Heaulme, terrifiant meurtrier, a posé ses valises dans notre département, en 1990. Que sait-on exactement du profil biographique de ce criminel hors norme ?

Le jeune Francis vient au monde le 25 février 1959 à Metz. Son père, violent et alcoolique, le bat, le prive de nourriture et l’enferme souvent dans la cave en guise de punition. A l’adolescence, le jeune homme se met à boire, sans aucune limite. Surnommé « Félix le Chat », car il était parfois contraint de manger ce qu’il trouvait, le jeune Francis voue une adoration sans borne à sa mère qu’il qualifie de Sainte. Il ne vit que par elle. 

Réformé du service militaire pour « complications psychiatriques », le jeune homme se passionne pour le vélo au point qu’il parcourt chaque jour des dizaines de kilomètres dans sa région natale. A 25 ans, c’est le drame : sa mère, Nicole Heaulme, s’éteint de maladie le 16 octobre 1984. Profondément abattu par cette disparition, il prend la route et entame son périple meurtrier de 7 longues années. Francis sombre dans la marginalité, l’errance et le crime. Un mois plus tard, il commet son premier meurtre, en Moselle.

Replié dans son monde à lui, animé de cette âme de routard, Heaulme sympathise avec Joseph, un camarade de galère et de boisson. Au volant de sa voiture, il prend en stop une jeune apprentie pâtissière de 17 ans, Lyonnelle Gineste. Le lendemain, la jeune femme est retrouvée nue, étranglée et poignardée dans une forêt près de Pont à Mousson. Judiciairement, Heaulme a été condamné pour meurtres à 8 reprises. Pourtant, au fil de ses nombreuses heures d’audition, face au Gendarme Abgrall qui tente de pénétrer la tête du tueur, Heaulme a spontanément avoué une liste inachevée d’une quinzaine de crimes à travers la métropole. Des « pépins » comme il se plaît à les intituler. Mélangeant les lieux, les dates, et les victimes avec une rare délectation, Heaulme avait une manie. Avant de tuer, il s’habillait chaque fois de la même manière : chemise blanche, pantalon à pinces, et chaussures de soirée.

Comme ces SDF que la Société s’efforce de ne pas regarder en face, Heaulme a su se cacher et devenir insaisissable. Depuis 1992, l’homme est hors d’état de nuire. Seul l’acharnement du Gendarme Abgrall a permis l’arrestation de l’effrayant tueur en série. A Biarritz, la main criminelle de Francis Heaulme a peut-être frappé, une énième fois, un jour d’août 1990. Lui qui finira ses jours derrière les barreaux s’en ira de cette terre en emportant ce funeste secret.