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Mission très Spéciale: Épisode n°2 : Face au Juge.

Diffusion du mardi 29 janvier 2019 Durée : 3min

« Mission très Spéciale » : c’est le titre de cette rocambolesque affaire que nous relate Thierry Sagardoytho. Octobre 1983, 4 Policiers espagnols sont arrêtés à Hendaye par leurs homologues français… Ils s’apprêtaient, peu avant, à enlever un réfugié basque espagnol.

Au terme de 36h de garde à vue, les 4 policiers espagnols montent, menottes aux poignets, dans le panier à salade. Direction, le Palais de Justice de Bayonne où le Juge d’instruction Pascal Fau les attend. A leur arrivée, une meute de photographes les attend. La presse se passionne pour cette affaire. Dissimulant leur visage sous une couverture, Javier, Sébastian, José et Jésus, gagnent le bureau du magistrat au 2ème étage du Tribunal. Chacun admet qu’ils appartiennent à une unité spéciale de la Police espagnole, un groupe d’élite comparable au GIGN en France. Mais, tous nient avoir agi en mission sur les hauteurs d’Hendaye. La collision avec le cyclomotoriste serait « fortuite ». Un accident. 

Sur son lit d’Hôpital, José Maria Larretchea-Goni soutient pourtant le contraire. Arborant un œil au beurre noir, le bras gauche en écharpe, et des blessures au jambe, il est convaincu d’avoir échappé à une tentative d’enlèvement. Projeté au sol, José Maria est sonné. 4 hommes descendent du véhicule. Au lieu de lui porter secours, ils lui assènent une pluie de coups de poing et tentent de l’empoigner afin de l’embarquer avec eux. C’est là qu’une patrouille de Policiers, hendayais ceux-là, et empêchent le pire. Larretchea-Goni est certain qu’on a voulu l’enlever. « Faux ! » rétorquent les 4 suspects. 

Dans un communiqué, le Ministère de l’Intérieur Madrilène rajoute un peu plus à la confusion. Selon lui, les 4 agents étaient bien en mission sur le sol français. Ils tentaient de « nouer des contacts » avec des membres d’ETA.  L’atmosphère au Pays Basque sud est tendue au même moment. Le 5 octobre, un capitaine de l’armée de terre était enlevé par un commando d’ETA militaire. Son corps est retrouvé plus tard, à 7kms de Bilbao. Les enquêteurs antiterroristes suspectent Larretchea-Goni, le jeune réfugié Hendayais, d’avoir participé à ce commando. Dans les milieux séparatistes, beaucoup devinent que la collision de mardi soir n’a rien d’accidentel : les 4 policiers espagnols auraient traversé le Pont Saint Jacques pour enlever le suspect, le ramener en Espagne, et obtenir des aveux, au besoin sous la torture. 

A l’issue de l’audition des 4 suspects, le Juge d’instruction crée la surprise. Il les inculpe de violences volontaires avec préméditation. Oublié la tentative d’enlèvement. Les 4 policiers sont écroués. Ils sont conduits, sous bonne escorte, à la prison de Pau.