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Les 4 policiers espagnols sont arrêtés et emprisonnés à Pau.
Les 4 policiers espagnols sont arrêtés et emprisonnés à Pau. © Getty

Mission très Spéciale. Épisode n°3 : Guerre des Polices.

Diffusion du mercredi 30 janvier 2019 Durée : 3min

Thierry nous ramène en octobre 1983 : 4 Policiers espagnols sont arrêtés à Hendaye par leurs homologues français. Ils s’apprêtaient à enlever un réfugié basque espagnol. 2 Jours plus tard, les 4 suspects sont envoyés en Prison, à Pau. A Madrid, la nouvelle déplaît

Depuis Madrid, le Gouvernement de Felipe Gonzalez a pourtant tout tenté pour éviter le pire. Dépêchant un avocat bayonnais au secours de ses 4 agents spéciaux, le Ministre de l’Intérieur Madrilène offrait le paiement d’une caution. Mais rien n’y a fait. A la prison de Pau, le directeur est plutôt embarrassé d’accueillir ces 4 nouveaux pensionnaires. Il les place à l’isolement, histoire d’éviter que les autres détenus basques ne se vengent. L’affaire empoisonne davantage encore les relations diplomatiques entre Paris et Madrid. 

Depuis plusieurs années, l’Espagne accuse son voisin tricolore d’être un sanctuaire bienveillant à l’égard des terroristes basques d’ETA MILITAIRE. Officiellement, la France n’accorde plus le statut de réfugié politique aux basques espagnols installés de ce côté-ci. Le nombre de sympathisants, actifs ou retraités, de la lutte armée a pourtant doublé. On en dénombre un millier de ce côté-ci de la frontière.  

Depuis 1981, la France affiche une trêve. Le Président Mittérand refuse de livrer à l’Espagne les réfugiés que Madrid lui réclame. Les Policiers espagnols sont ulcérés de voir ces activistes suspectés d’attentats, d’enlèvements et d’assassinats, traverser la frontière pour se mettre au vert au nord de la frontière. Dans les milieux nationalistes, une rumeur insistante circule : Madrid lance des contrats sur la tête des principaux leaders d’ETA installés ici. Des groupes para-policiers espagnols viendraient régulièrement sur le sol français pour repérer, enlever, ou exécuter des activistes présumés. 

Des deux côtés de la frontière, les Polices se regardent en chien de faïence !  Tandis que les 4 policiers Espagnols croupissent derrière les barreaux de la prison de Pau, la diplomatie s’active. La colère monte à Madrid. Une semaine plus tard, le Quai d’Orsay envoie le directeur central des Renseignements Généraux dans la capitale Espagnole.  Il y rencontre le Ministre de l’Intérieur auquel il relaie la position des autorités françaises : Paris est profondément agacé par ces commandos de barbouzes espagnols qui franchissent la frontière afin de mener des opérations clandestines et violentes sur notre sol. Selon le gouvernement français, seule l’entraide judiciaire entre pays permettra de lutter contre le terrorisme basque. Ce double discours agace profondément le Royaume d’Espagne. 

En 1983, la France refuse systématiquement d’extrader les activistes d’ETA qu’elle abrite sur son sol. Officiellement, les gouvernements discutent. Mais, en coulisse, une sale guerre commence.