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Des 2 côtés de la frontière, la police est sur les dents.
Des 2 côtés de la frontière, la police est sur les dents. © Getty

Mission très Spéciale. Épisode n°4 : Négociations...

Diffusion du jeudi 31 janvier 2019 Durée : 3min

En Octobre 1983 : 4 Policiers espagnols sont arrêtés à Hendaye par leurs homologues français. Ils s’apprêtaient à enlever un réfugié basque espagnol. 1 mois plus tard, les 4 suspects sont confrontés à leur victime, un gros poisson de l’ETA Militaire…

Fin novembre 1983, le Juge d’instruction bayonnais confronte les 4 policiers espagnols à leur victime.  Les 4 Policiers appartiennent aux GEOS, les groupes d’opérations spéciales. Ils enquêtaient clandestinement sur la disparition du Capitaine Barrios, un officier militaire enlevé, 15 jours plus tôt, en pays basque sud. Le Juge Pascal Fau enfonce le clou en demandant si ils cherchaient à enlever Larretchea-Goni  pour le torturer, ou bien l’échanger avec l’otage militaire ? 

La récente arrivée au pouvoir de Felipe Gonzalez a douché beaucoup d’espoirs en Euskadi. Dans la lutte contre ETA, l’accent est mis sur les moyens policiers. Bien davantage que sur le dialogue avec les séparatistes basques. Une position qui diverge avec celle du Président du gouvernement autonome Basque. Lui est farouchement opposé aux opérations de commandos clandestins œuvrant sur le sol français. 

Dimanche 4 décembre, la fièvre monte d’un cran. Un ressortissant espagnol de 51 ans, Secundo Marey, est enlevé à son domicile à Hendaye. Encore! Cet homme tranquille n’est pourtant pas connu pour ses engagements militants. S’agit-il d’une erreur ? 9 jours plus tard, ses ravisseurs le relâchent, les yeux bandés, du côté de Dancharria. Pour la 1ère fois, le GAL revendique ce mystérieux enlèvement.  

Début décembre, les 4 policiers espagnols demandent leur mise en liberté, pour la seconde fois, devant la Cour d’Appel de Pau. Leur Avocat, le Bâtonnier Palois Pierre Esposito, fait feu de tout bois. Il bénéficie d’un allié de poids. Le Procureur Général demande, lui aussi, la libération des 4 agents. Étonnant dans un pareil contexte de violences. Le Chef du Parquet aurait - il reçu des consignes de bienveillance au Ministère de la Justice ? Une chose est sûre : entre Madrid, Paris, Pau et Bayonne, le téléphone sonne beaucoup ces derniers temps… 

Après 48 jours sous les verrous, les 4 policiers sont remis en liberté, dans l’attente de leur jugement. Ils quittent la Prison Paloise. La raison d’état a eu raison de la Justice. Loin de calmer les esprits, cette libération les échauffe.