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Hendaye
Hendaye © Getty

Mission très Spéciale. Épisode n°5 : Sale Guerre.

Diffusion du vendredi 1 février 2019 Durée : 3min

en octobre 1983 : 4 Policiers espagnols sont arrêtés à Hendaye par leurs homologues français. On les suspecte d’avoir tenté d’enlever un réfugié basque espagnol. Certains les suspectent d’appartenir aux tristement célèbres commandos du GAL. C’est le début de la sale guerre…

Le 20 décembre, un Eterra de 27 ans, Miguel Elorriaga, est assassiné côté français. Probablement un acte de représailles : la police espagnole le suspectait de plusieurs meurtres commis en Guipuzcoa. 

Février 1984, rebelote : 2 réfugiés basques tombent sous les balles d’un commando. D’Hendaye à Bayonne, la peur s’installe au quotidien. Qui sera le prochain ? La Police Française semble bien désarmée face à ces commandos qui sèment la mort. Selon certains, le GAL recruterait ses commandos parmi les services parallèles de l’armée espagnole, voire parmi certains truands implantés en Aquitaine ou dans le Sud-Est. Coût du contrat : 22.000€ par assassinat. La guerre est dans les actes et dans les mots. Le GAL prévient à coup de communiqués : il frappera de ce côté-ci chaque fois qu’ETA sévira sur le sol espagnol.  

A Madrid, le porte-parole du gouvernement espagnol assure n’avoir aucune information permettant d’identifier les acteurs du GAL. Mais personne n’y croit. Peu après sa prise de fonctions, le chef du Gouvernement, Felipe Gonzalez, avait prévenu : « Les terroristes, il faut les attaquer avec leurs propres armes : le terrorisme ». Après 40 années de dictature franquiste, la tradition d’une police « de l’ombre » demeure. 8 ans plus tard, des têtes tombent. 2 policiers affectés au centre nerveux de la lutte antiterroriste, à Bilbao, accusent le gouvernement Gonzalez d’avoir organisé le GAL. Au sommet de l’État Espagnol, on savait, voire on commanditait. Des fonds secrets distribués par le Ministère de l’Intérieur ont grassement rémunéré des mercenaires de tout poil. 

Mais, la France porte aussi sa part de responsabilité dans cette sombre page : en abritant les chefs d’ETA, elle a poussé Madrid à riposter. 3 jours avant la tentative d’enlèvement à Hendaye, 2 jeunes réfugiés, José Zabala et José Lasa disparaissaient rue Maubec à Bayonne. Nul ne les a revus vivants. Et pourtant, 12 ans plus tard, un policier espagnol repenti livre enfin la vérité au Juge Balthazar Garzon. Il raconte que les 2 jeunes basques ont été conduits -manu militari- dans un Château situé près de San Sebastian. Dans cette propriété du Ministère de l’Intérieur aménagée en cellules, ils ont été interrogés, torturés, avant d’être enterrés dans de la chaux vive. C’est en janvier 1995, près d’Alicante, que leurs restes ont finalement été exhumés. 

Cette nuit d’octobre 1983, José Maria Larretchea-Goni l’a échappé belle sur sa mobylette. Que serait-il devenu si une patrouille de Police, française celle-là, n’avait empêché, par hasard, ses 4 agresseurs de l’embarquer vivant ? Il s’en est fallu de peu pour qu’il devienne, officiellement, la 1ère victime des commandos du GAL.