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4 curés bayonnais sont mis en accusation dans l'affaire Finaly
4 curés bayonnais sont mis en accusation dans l'affaire Finaly © Getty

Panique chez les Soutanes. Épisode n°5 : Armistice.

Diffusion du vendredi 26 avril 2019 Durée : 2min

Au printemps 1953, le Pays se passionne pour un fait-divers, l’Affaire Finaly. A Bayonne, 4 Curés sont envoyés derrière les barreaux… L’émotion est à son comble dans tout notre département. Et les autorités politiques ne tardent pas à s’en mêler.

L’incarcération des 4 prêtres bayonnais, pour complicité d’enlèvements, suscite une vive effervescence au Pays Basque. De nombreux maires s’indignent de ce qu’ils tiennent pour une déclaration de guerre !  Le Député Basque Jean Ybarnegaray s’en mêle. Dans une lettre menaçante au Garde des Sceaux, il écrit que le peuple basque est unanimement révolté par le calvaire « de ces prêtres persécutés ». A bon entendeur… Le 5 mars, la Cour d’Appel de Pau libère les 4 prêtres. Dans la nuit, les cloches de plusieurs églises sonnent à toute volée pour célébrer leur retour. Ils sont, certes, libérés, mais les 2 orphelins demeurent encore introuvables.

La famille FINALY pressent que cette guerre de religion aboutit à une impasse. Elle lance publiquement un appel à la raison : si Robert et Gérald rentrent rapidement en France, la Justice pénale saura passer l’éponge… Le 6 mars, le grand Rabbin Kaplan signe un accord de principe avec les autorités catholiques. Dès leur retour d’Espagne, les 2 garçons seront remis à leur famille paternelle. Mais surtout, ils seront libres de choisir leur religion ! En coulisse, l’église s’active sous l’œil suspicieux du gouvernement de Madrid. Le 26 juin 1953, la Cour de Cassation siffle définitivement la fin des hostilités judiciaires.

Les Juges de la Cour suprême décident que Robert et Gérald Finaly seront remis à leur famille paternelle ! Point final. Melle BRUN a donc perdu son combat entamé 8 ans plus tôt. Les 2 garçons doivent maintenant rentrer en France. 3 jours plus tard, une traction Citroën de Police stationne au poste frontière d’Hendaye. 2 garçons vêtus de noir montent à bord. La voiture fonce en direction de PARIS, escortée par une meute de photographes. Le 25 juillet, Robert et Gérald s’envolent à destination d’Israël. 

En 1954, les juges bayonnais enterrent le dossier judiciaire : il n’y aura donc jamais aucun procès. Plus tard, Robert deviendra Chirurgien et Gérald sera ingénieur aéronautique, sur la terre de leurs ancêtres. Ici, beaucoup se souviennent encore de ce séisme.