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Affaires classées

Armand Spielers face au juge...
Armand Spielers face au juge... © Getty

Passe Partout : L’as de la Cambriole (Affaire Armand Spielers)

Diffusion du jeudi 13 septembre 2018 Durée : 2min

« Affaires Classées » revient cette semaine sur les méfaits d’un certain Armand Spielers. Ce criminel de haut vol a abattu, de 3 balles en pleine poitrine, un policier luzien, dans la nuit du 29 mai 1936. Son triste palmarès criminel l’a conduit aux 4 coins du grand Sud et pour finir, à Bayonne...

Le lendemain du drame, Armand Spielers est conduit à l’ancien palais de justice de Bayonne, situé à l’époque Place Pasteur, face à la Cathédrale. Le juge d’instruction Jean Mas l’inculpe, sur le champ, du meurtre du policier luzien Pierre Fautoux. Il lui reproche également d’être l’auteur d’une impressionnante série de cambriolages commis ces dernières semaines, de Béziers à Agen, en passant par Dax, Périgueux et Pau. Spielers a une spécialité : il cambriole de nuit les bijouteries mais aussi, les études notariales… Par escalade ou par effraction, le voyou Lillois écume des bijoux, des numéraires en forte quantité, des billets de loterie, mais aussi, car il se veut élégant, des chapeaux de marque « Borsalino ». Spielers a un talent avéré : aucun coffre-fort ne lui résiste. Pour cette colossale série de méfaits, il risque la guillotine à la prison de Pau.

Sitôt sorti du palais de justice de Bayonne, Spielers est conduit sous bonne escorte à la -tristement célèbre- Villa Chagrin, située sur les bords de l’Adour. Une nouvelle fois, la quatrième du genre, Spielers se fait la belle, par les toits. Mais, il est arrêté peu après. Conduit immédiatement à la prison de Pau, Spielers commet un ultime pied de nez à l’administration pénitentiaire : en le fouillant à son arrivée, un surveillant découvre la somme de 1.000Frs, soigneusement planquée dans la doublure de son veston. Spielers vole au-dessus des lois. Rien ne l’arrête. Pas même la vie d’un policier qui a eu le malheur de le croiser sur sa route. Spielers souffrirait-il de troubles psychiatriques ? L’expert est formel. L’accusé est parfaitement sain de corps et d’esprit. Il se dit en rébellion complète avec la société. Il a choisi de semer le mal et il l’assume.

Spielers est un routard de la cambriole. A Béziers, il cambriole l’étude d’un notaire. Idem à Agen, puis à Dax. Le 12 mai 1936, Spielers fait étape à Pau. De nuit, il escalade la fenêtre d’un avoué installé près du palais de justice. Butin : des timbres fiscaux et du cash. La même nuit, Spielers remonte la rue Serviez. Au n°28, il force la porte blindée de la bijouterie Ruiz. Là, il fait main basse sur 125.000Frs et diverses bagues. Sa coquetterie lui sera fatale : une bague dérobée à Pau ornait son doigt gauche lors de son arrestation. Agissait-il seul ? Sans doute pas. Muet comme une tombe, Armand Spielers refuse de balancer le nom de ses complices. 6 mois plus tard, le juge d’instruction de Bayonne boucle son enquête. Spielers est accusé d’une douzaine de crimes. Février 1937, c’est aux jurés de la cour d’assises à Pau de rendre leur verdict. Lui joue sa tête...