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Un suspect devant témoins...
Un suspect devant témoins... © Getty

Passe Partout : Un voleur nommé Spielers (Affaire Armand Spielers)

Diffusion du mercredi 12 septembre 2018 Durée : 2min

Qui est l’homme suspecté d’avoir abattu, de 3 balles en pleine poitrine, un policier luzien, dans la nuit du 29 mai 1936 ? Une heure après le drame, l’homme est interpellé au guidon d’une bicyclette...

Le suspect interpellé en pleine nuit, sur le plateau de Bidart, affirme se nommer Jean Serruyse. A l’entendre, il serait fâché avec son épouse. Depuis 2 ans, il errerait de ville en ville, dans le midi de la France. La veille, il était à Saint-Jean-de-Luz. Un cirque se produisait en ville. Il a assisté au spectacle. Vers Minuit 15, il repart à bicyclette. Direction Bayonne, au 18 rue du Port Neuf, où il loue un meublé depuis peu. Serait-il lié, de près ou de loin, au cambriolage sanglant commis dans la nuit à la bijouterie du 67 rue Gambetta ? Surtout pas ! Le pistolet découvert sur lui n’a rien à voir avec le meurtre du policier Fauthoux. Mais la comparaison de ses empreintes digitales avec les fichiers de la police finit par le confondre. Serruyse promène les enquêteurs. Il est en réalité Armand Spielers, né à Lille en 1902. L’homme est un gros poisson, « un beau mec ». 

Dans le jargon policier, on désigne par « beau mec » les dangereux repris de justice, déjà fichés au grand banditisme. Spielers affiche un redoutable palmarès criminel : condamné à 10 ans de travaux forcés pour de nombreux braquages dans le nord de la France, il est transféré au bagne de Guyane d’où il s’évade… 2 fois ! Un exploit ! Revenu en France via l’Espagne, Spielers commet de nouveaux vols. Écroué à la prison parisienne de la Santé, il s’évade une 3ème fois, au nez et à la barbe des matons ! Planqué en Espagne, le Lillois revient par la frontière d’Hendaye. La suite, on la devine. Recherché par toutes les polices de France, Spielers est le suspect n°1 dans l’enquête sur le meurtre du gardien de police Fautoux. Difficile cette fois de jouer au « pas vu, pas pris ». Selon l’expert en balistique, le pistolet de calibre 7.65 découvert sur Spielers est l’arme du crime.

Les gendarmes avancent à la vitesse de l’éclair. Selon plusieurs témoins, Spielers a quitté le cirque vers minuit, au guidon de sa bicyclette chromée. Mais avant de regagner Bayonne, Spielers a sans doute fait un crochet par la bijouterie de la rue Gambetta... Marie-Jeanne tient un café situé juste en face. Vers 19h30, Spielers a dîné dans son établissement. Elle se souvient d’un détail : « épiant la bijouterie, il avait le nez collé à la vitre ». Malgré la soupe, le steak, et le dessert, l’homme a tout renvoyé en cuisine. Ce curieux client faisait semblant de lire le journal « Paris Soir ». Seul hic, le serveur relève qu’il le lisait… à l’envers. Or, ce journal, les policiers l’ont retrouvé sur la scène du crime, à 2h du matin. Enfin, Dominique, un employé du casino luzien, est formel : Spielers est l’homme qui s’est enfui après le meurtre. Pourtant, Spielers nie !