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Sacrifice. Épisode n°5 : État de Choc.

Diffusion du vendredi 17 mai 2019 Durée : 2min

En mai 91, un drame secoue les évêchés de Lourdes, Tarbes, Bayonne et Lescar: jeune curé tarbais meurt poignardé pour s'être interposé face à 2 voleurs de voiture. Les policiers ont interpellé le suspect n°1 mais l'annonce du drame bouleverse la région.

Lundi 13 mai au matin, la mort de l’abbé Jean-Luc Cabe fait les gros titres de la presse régionale. Mêmes les quotidiens nationaux relaient la nouvelle. Les fidèles du ressort découvrent effarés qu’un homme d’église est mort, poignardé à 4 reprises, parce qu’il a eu le courage de s’opposer au vol d’une voiture ! L’émotion est à son comble. Les hommages affluent de partout. Beaucoup se souviennent que l’abbé Jean-Luc Cabe était unanimement apprécié de toute la communauté catholique de TARBES et bien au-delà. Surtout des jeunes dont il s’occupait avec générosité. Son baccalauréat en poche, le jeune homme mène d’abord de brillantes études à l’école de commerce de Toulouse. Nommé cadre bancaire au Crédit Agricole, il se découvre une autre vocation.

Jean-Luc Cabe décide de faire don de sa vie au service des plus jeunes et des déshérités. Le 16 avril 1989, l’ancien cadre de banque, au Crédit Agricole de Montauban, est ordonné prêtre en l’église Sainte Bernadette de Lourdes. Une reconversion rare mais symbolique pour ce jeune trentenaire dont le frère aîné officiait déjà aux Sanctuaires de la cité Mariale. Les fidèles l’adoptent immédiatement : « il était plein d’allant, de sourire, et d’avenir » selon ses fidèles qui rappellent combien ses messes n’étaient pas banales : « on ne pouvait pas s’y endormir » lâchent-ils, les yeux embués de larmes. Dans l’ombre et la discrétion, le jeune prêtre avait dédié son engagement au service des plus jeunes. C’est l’un de ceux-là qui lui a donné la mort, une nuit de mai 1991…

Jeudi 13 mai 1991, une foule impressionnante accompagne le jeune curé à la cathédrale de Tarbes. Des paroissiens, des amis, des proches, tous bouleversés par la disparition tragique ce jeune prêtre. Sa sœur Élisabeth, Magistrat de métier, dépose une gerbe inscrivant ces mots : « Aimer, il suffit d’aimer ». Parmi les prêtres alignés en aube blanche, le Père Guy GILBERT se joint à l’hommage unanime. Celui que l’on a surnommé « le prêtre des loubards » est descendu symboliquement de PARIS, pour rendre hommage à son frère d’église. C’est dans cette ville assommée de chagrin que le procès du jeune meurtrier s’ouvre 18 mois plus tard. Les jurés gardent à l’esprit la violence de ce drame. Ils le condamnent à 12 longues années de réclusion criminelle.