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Fait divers à Bayonne...
Fait divers à Bayonne... © Getty

Saint Michel s’habille en Noir : Passage à Tabac (Affaire Christophe Leick / Driss Laaroussi)

Diffusion du lundi 24 septembre 2018 Durée : 3min

A Bayonne, on se souvient que le 29 septembre, date de la Saint-Michel, est associée à un retentissant fait divers. 29 Septembre 1995, un père de famille d’origine marocaine décède sous les coups de pied d’un inconnu, près de la gare de Bayonne...

Il est 2h20 du matin cette nuit du vendredi 29 septembre 1995. Un correspondant anonyme compose le 17. Il signale qu’une violente agression est en cours, rue Maubec à Bayonne. Puis il raccroche. 4 minutes plus tard, une patrouille de police est sur place. Un militaire en treillis fait de grands gestes. Le brigadier s’approche. Le jeune homme désigne la façade d’un ancien restaurant, « le Pecharmant », au n°28 de la rue. Le corps ensanglanté d’un homme d’une cinquantaine d’années gît au sol. Il respire péniblement. Les policiers tentent de le réanimer. En vain. L’ambulance du SAMU arrive à 2h37, mais il est déjà trop tard : l’inconnu vient de décéder. Le médecin note plusieurs blessures au crâne, au visage et d’étranges traces de strangulation. Comme s’il avait été passé à tabac. L’affaire sent mauvais. L’hôtel de police dépêche aussitôt un officier.

Bruno est l’inspecteur de permanence cette nuit au commissariat de Bayonne. Il arrive sur place 20 minutes plus tard. « Encore un ivrogne qui a fait une mauvaise chute » se dit le jeune policier qui va accumuler les gaffes. Visiblement dépassé, il oublie d’alerter le procureur de permanence. Cette bourde coûtera cher à l’enquête car le parquet aurait confié le dossier à la PJ. Ensuite, les constatations sur place sont faites à la va vite. Certes, le malheureux sent fort l’alcool. Il n’a aucun papier d’identité sur lui. Mais de là à croire à une chute accidentelle ! Impensable pour le médecin du SAMU pour qui le malheureux n’a pu s’étrangler tout seul. Il refuse de délivrer le permis d’inhumer. Dans ce cas, la loi est formelle : une autopsie est obligatoire. C’est le lendemain matin seulement, 8h trop tard, que le procureur est enfin informé du drame. Ce retard à l’allumage sera crucial.

Quand la police arrive sur place, c’est Lionel, un jeune appelé du 1er RIMA, qui leur désigne l’endroit où gît le malheureux. Entendu le lendemain, il explique qu’il est sorti de la Citadelle pour acheter des cigarettes. En remontant la rue Maubec, il a aperçu cet homme. Il s’est immédiatement porté à son secours. Le lendemain, les policiers identifient enfin la victime : il se nommait Driss Laaroussi. Marocain d’origine, l’homme avait 52 ans. Il habitait à 2 pas de là. Selon 2 autres témoins, Driss aurait passé une soirée copieusement arrosée dans divers bars du secteur. Ivre, il aurait importuné de jeunes parachutistes qui célébraient la Saint Michel. Un témoin capital se présente au commissariat. Sandra, 14 ans, habite juste en face. Elle dit avoir tout vu. Selon elle, Lionel, le jeune militaire présenté comme un sauveteur, serait en réalité le meurtrier !