Affaires classées racontées par Thierry Sagardoytho

2 suspects, un seul coupable...
2 suspects, un seul coupable... © Getty

Saint Michel s’habille en Noir : Quand l’un s’en va,un autre prend sa place (Affaire Christophe Leick / Driss Laaroussi)

Diffusion du mercredi 26 septembre 2018 Durée : 2min

Vendredi 29 septembre 1995, un quinquagénaire d’origine marocaine est battu à mort dans une rue proche de la Gare de Bayonne. Après une enquête éclair, un jeune parachutiste est suspecté d’être le meurtrier. Cette piste est-elle la bonne ?

L’enquête criminelle est maintenant entre les mains d’Isabelle Legras, juge d’instruction à Bayonne. Dans son bureau, au 2ème étage, Madame le juge ne décolère pas. Les policiers de la Sûreté Urbaine ont tout bonnement oublié de confronter le suspect n°1 aux 2 jeunes témoins qui ont assisté à l’agression, depuis leur appartement de la rue Maubec. Une erreur impardonnable. La juge prend une décision rare. Elle retire l’enquête à la Sûreté de Bayonne et la confie à l’antenne de la PJ de Bordeaux. Fini les bourdes à répétition. On reprend tout à zéro. 4 jours plus tard, les policiers procèdent à un tapissage. Ils présentent une galerie de soldats, tous habillés en treillis, à Sandra et Daniel, son jeune frère. Parmi eux, il y a Lionel, le suspect n°1. Sandra le désigne, sans hésiter. Or, Daniel ne le reconnaît pas. Ce n’est pas lui. Il désigne un autre suspect…

Le jeune Daniel est formel ! Le meurtrier est là, sous ses yeux, derrière la vitre sans tain : ce n’est pas Lionel, mais Christophe, un jeune caporal âgé de 20 ans. Qui dit vrai ? Qui dit faux ? Lionel est reconduit en prison. Mais le jeune caporal est aussitôt interrogé. « Que faisiez-vous la nuit des faits ? ». Christophe se souvient qu’il a fait la fête au quartier Saint-Esprit. Vers 2h20, il est rentré à la Citadelle en remontant la rue Maubec. Curieusement, il n’a rien vu. Les policiers froncent les sourcils : comment est-il passé là sans voir Driss Laaroussi allongé au sol ? Cacherait-il quelque chose ? La PJ déboule à la Citadelle et fouille méthodiquement la chambrée de Christophe. Son treillis et ses rangers sont placés sous scellés pour être envoyés au Labo. Discrètement, les hommes du commandant Levy vérifient l’emploi du temps du jeune homme. Il a visiblement menti.

Le récit du jeune caporal ne tient pas un instant. En reconstituant son emploi du temps à la seconde près, les limiers de la PJ démontrent qu’il y a un trou de 13 minutes dans son emploi du temps. Un mensonge suffit-il à désigner un coupable ? Assurément pas. Christophe ressort libre du commissariat. Pour l’instant... 20 jours plus tard, un coup de théâtre se produit : en examinant ses rangers, les experts découvrent de minuscules traces de sang à l’avant de la chaussure droite. Des traces invisibles à l’œil nu. Mais, en comparant ces traces à l’ADN de la victime, le verdict tombe : c’est le sang de Driss Laaroussi ! 2 suspects pour un coupable, il y en a décidément un de trop ! Le jour même, la Juge Isabelle Legras libère Lionel. Emprisonné par erreur durant un mois, le jeune appelé est enfin blanchi. Pour la PJ, Il est temps d’interpeller enfin le vrai coupable !