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Déjà un suspect, mais le bon?...
Déjà un suspect, mais le bon?... © Getty

Saint Michel s’habille en Noir : Suspect n°1 (Affaire Christophe Leick / Driss Laaroussi)

Diffusion du mardi 25 septembre 2018 Durée : 2min

Vendredi 29 septembre 1995, au matin, un fait divers nourrit la une de l’actualité au Pays Basque : un quinquagénaire d’origine marocaine est découvert inanimé dans une rue proche de la gare de Bayonne...

L’annonce du meurtre de la rue Maubec met le feu aux poudres. Le lendemain soir, et 3 nuits durant, la ZUP de Bayonne devient le théâtre de véritables scènes de guérilla urbaine : des individus cagoulés incendient plusieurs dizaines de véhicules stationnés au pied des immeubles. La police assiste impuissante à cette violente poussée de fièvre. Sous le manteau, les jeunes du quartier dénoncent « un crime à connotation raciste » : A les écouter, Driss Laaroussi serait mort pour sa couleur de peau. Une semaine plus tôt, la mise en liberté d’un militaire accusé d’avoir tué un jeune beur mettait le feu aux poudres dans la cité paloise de l’Ousse des Bois. Un militaire, un beur, il n’en faut guère plus pour raviver les vieux démons. A Bayonne, la rumeur enfle : c’est un militaire du RPIMA qui a tué Driss Laaroussi. Un meurtre nécessairement raciste à les entendre.

Le surlendemain du drame, plusieurs centaines d’habitants du quartier Sainte-Croix défilent dignement et en silence, sous la pluie : « Non à toutes formes de violences ! » lit-on sur une large banderole. En filigrane, chacun devine la détresse d’une population où le sentiment d’exclusion domine. Au commissariat, rue Jacques Laffitte, une jeune fille fait avancer l’enquête à pas de géant. L’adolescente habite un appartement dont les fenêtres donnent sur la rue Maubec, en face du lieu où s’est joué le drame. Devant l’inspecteur qui l’interroge, elle est formelle : l’agresseur de Driss Laaroussi était un militaire habillé d’un treillis vert. Ce détail fait tilt : le seul homme habillé en treillis militaire le soir des faits, c’est Lionel, le témoin n°1. L’inspecteur présente la photo de Lionel à Sandra. Bingo. Elle l’identifie. C’est lui le meurtrier ! 

Sandra est formelle : après s’être acharné sur le malheureux, Lionel a fait mine de guider les policiers vers sa victime, lorsqu’ils sont arrivés. Le sauveteur est l’agresseur ! Les policiers déboulent à la Citadelle. Lionel, 27 ans, est placé en garde à vue pour meurtre. Le jeune homme tombe des nues : il a quitté la Citadelle vers 2h du matin pour acheter un paquet de cigarettes avant de rentrer aussitôt. Seul hic : Isabelle, sa compagne, soutient le contraire : il n’était pas à la caserne ce soir-là, mais chez elle. Lionel a donc menti. Pendant 48h, les policiers le cuisinent. En vain. Lionel nie farouchement. « Vous vous trompez », hurle-t-il ! Dimanche 1er octobre, la juge Isabelle Legras le met en examen pour meurtre. Lionel est écroué à la Villa Chagrin. En moins de 3 jours, les policiers annoncent qu’ils ont identifié le meurtrier. Mais, tiennent-ils le bon coupable ?