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Un coupable, et le bon !
Un coupable, et le bon ! © Getty

Saint Michel s’habille en Noir : Un coupable, un vrai ! (Affaire Christophe Leick / Driss Laaroussi)

Diffusion du jeudi 27 septembre 2018 Durée : 3min

29 septembre 1995 : un homme d’origine marocaine décède sous les coups d’un inconnu près de la gare de Bayonne. L’enquête s’avère difficile : un suspect est incarcéré par erreur puis libéré, un mois plus tard...

Innocenté par la juge d’instruction Isabelle Legras, Lionel est libéré de la Villa Chagrin. Au même instant, le caporal Christophe Leick ignore qu’il devient le suspect n°1. L’ADN du sang de la victime a été découvert sous la semelle du ranger qu’il portait la nuit des faits. Un ADN, c’est un élément fort mais pas nécessairement suffisant. Pour fermer toutes les portes, les limiers de la PJ entendent discrètement de nombreux témoins présents, la nuit du crime, dans les bars du quartier Saint-Esprit. Leur objectif : vérifier à la seconde près si Leick a menti sur son emploi du temps entre 2h15 et 2h30, ce 29 septembre au matin. De fil en aiguille, la PJ a une conviction : il y a un trou de 13 minutes dans son récit. Un délai bien suffisant pour tuer Driss Laaroussi et rentrer à la caserne, comme si de rien n’était. Dans les rangs de la grande muette, on n’a rien vu, rien su, rien entendu…

Les enquêteurs savent maintenant que le meurtrier de Driss Laaroussi est un militaire du RPIMA. La jeune Sandra est formelle. Depuis sa fenêtre, elle a vu un militaire en treillis s’acharner sur le malheureux père de famille. Mais alors, comment s’est-elle trompée en identifiant par erreur le jeune Lionel ? A force de ténacité, les hommes du Commandant Levy trouvent l’explication : Sandra s’est absentée quelques instants pour réveiller son frère Daniel.  Le meurtrier s’échappe à cet instant. Arrive alors Lionel Roudil, lui aussi, vêtu d’un treillis. Quand elle revient à la fenêtre, Sandra voit le jeune appelé porter les premiers secours au malheureux. Elle croit voir le même homme mais elle se trompe ! De bonne foi ! Mercredi 30 octobre 1995, l’énigme du meurtre de Driss Laaroussi touche à sa fin. Les policiers interpellent le jeune caporal Leick. Il est placé en garde à vue.

Christophe Leick dit n’avoir aucun souvenir de cette soirée. Commode. Oublié le passage au bar « Etche Ona » où Leick et sa future victime se sont rencontrées. Oublié aussi le témoin qui a alerté la police. Selon lui, c’est Leick qui remontait la rue Maubec avec sa future victime, marchant ensemble côte à côte. Oublié encore l’inexplicable trou de 13 minutes dans son emploi du temps. L’enquêteur assène le coup de grâce. « Comment expliquez-vous le sang de la victime sous votre chaussure ? ». Réponse : « J’y suis sans doute pour quelque chose, mais je ne me souviens pas ! ». Inculpé de meurtre, Christophe Leick est écroué à la Villa Chagrin. L’instruction criminelle durera 30 longs mois. Fin Juin 1998, la Justice accuse le caporal Leick, 22 ans, d’être l’unique meurtrier de Driss Laaroussi, la nuit de la Saint-Michel 1995...