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L'affaire Stavisky
L'affaire Stavisky © Getty

Signé Stavisky. Épisode n°2 : Avis de Tempête.

Diffusion du mardi 8 janvier 2019 Durée : 2min

C’était il y a 85 ans, le 8 Janvier 1934, la ville de Bayonne se réveillait en état de choc. Son Maire, Joseph Garat, venait de passer sa 1ère nuit en prison. L’incendie couvait pourtant depuis plusieurs jours.

Dès l’ouverture du « Crédit Municipal de Bayonne» en 1931, la tricherie démarre sur les chapeaux de roue. Le Maire, Joseph Garat, ordonne que l’on fabrique sur le champ une première tranche de 20 millions de bons à intérêts. Ces bons de caisse sont estampillés par la Ville, ce qui offre toutes les garanties de solvabilité. Les bons sont ensuite échangés contre de l’argent auprès de banques ou d’assurances. Mais, la promesse de remboursement n’est que du vent car les gages déposés dans les coffres sont d’une valeur dérisoire. 

Au passage, M. Alexandre empoche une jolie commission sur chaque bon de caisse émis. Le maire Joseph Garat feint d’ignorer que l’équipe en place est en réalité une bande d’escrocs bien rodée qui a déjà fait ses preuves à Orléans. 

La triche s’avère d’autant plus simple que les contrôles de l’État étaient inexistants. En quelques semaines, l’immeuble de la rue Thiers devient le royaume de la carambouille à grande échelle.

Cohen, chargé d’estimer les bijoux déposés en gage par les particuliers, les surévaluait systématiquement. Tissier, le directeur-caissier, émettait alors des bons à intérêts à l’usage des banques. Ainsi, le « Crédit Municipal » de Bayonne emprunte des sommes astronomiques qu’il ne remboursera jamais puisque ses gages sont de valeur infinitésimale. 

Enfin, cerise sur le gâteau, Tissier et ses acolytes falsifient des bons de garantie dont le montant est décuplé par rapport aux valeurs indiquées sur la souche. 

Dès 1932, un modeste contrôleur du Trésor Public s’étonne de l’extraordinaire volume des prêts accordés par la Caisse. L’établissement n’a même pas un an d’existence que les financements octroyés dépassent déjà les 15 millions de francs