Toutes les émissions

Affaires classées

Tissier, le directeur-caissier
Tissier, le directeur-caissier © Getty

Signé Stavisky. Épisode n°3 : « L’Innocent ».

Diffusion du mercredi 9 janvier 2019 Durée : 3min

Il y a 85 ans, une affaire domine l’actualité en Pays Basque : le Maire de Bayonne, Joseph Garat, est en Prison à la « villa Chagrin ». L’affaire Stavisky commence, et ce n’est qu’un début. Thierry Sagardoytho nous raconte ce qu'il s'est exactement passé ?

Décembre 1933, les fêtes de fin d’année approchent. Au matin du 23 décembre, Tissier, le directeur du « crédit municipal » de Bayonne, se présente au cabinet du Sous-Préfet. Il avoue sur le champ : il a émis plus de 8 millions de faux bons d’intérêts. Plusieurs compagnies d’assurances sont lésées. Tissier imagine naïvement que l’Etat passera l’éponge, par peur du scandale. Il se trompe. 

Les Policiers lui passent les menottes et le conduisent au Palais de Justice. A l’écouter, il n’était qu’un modeste employé qui obéissait, au doigt et à la baguette, aux ordres venus d’en haut ! Sitôt sa déposition terminée, le fonctionnaire aux fines moustaches est conduit en prison. L’affaire du « crédit municipal » fuite aussitôt dans la presse.

Au matin du 7 janvier 1934, Joseph Garat, maire de BAYONNE, se rend à pied au Tribunal de la Ville. Il est convoqué par le Juge d’instruction qui veut le confronter à l’ancien directeur du « crédit commercial ». Le Juge sait que Garat avait aussi la casquette de Président du conseil d’administration de cette usine à gaz. Tissier l’accuse d’avoir multiplié les imprudences dès l’origine. Pour preuve, le mont de piété n’était pas encore immatriculé que Garat faisait imprimer plus de 20 millions de francs de bons à intérêts. Mieux, M. le Maire a fait voter par son Conseil municipal des budgets démesurés au profit de son nouveau joujou. Ainsi, les contribuables Bayonnais ont mis la main à la poche pour asseoir une solvabilité de façade. A cet instant, l’escroquerie démarre à plein régime : les bons à intérêts sont alors cédés à des banques qui prêtent des sommes colossales qu’elles ne recouvreront jamais.

Le maire qui accuse M. Alexandre de l’avoir mené en bateau. En clair, l’homme d’affaire Parisien rencontré, à l’été 1931, au Casino de Biarritz s’est servi du « Crédit Municipal » de Bayonne pour fabriquer de faux bons à intérêts. Des bons qu’ils détournaient ensuite pour escroquer, à son profit, les plus grandes banques et assurances du Pays. 

M. le Maire serait-il un homme candide ? Un an auparavant, un Commissaire de Police l’avait pourtant mis en garde. Ce « M. Alexandre est un escroc. Il se nomme Stavisky ».