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Affaires classées

L'affaire Stavisky
L'affaire Stavisky © Getty

Signé Stavisky. Épisode n°4 : Un bras bien trop long.

Diffusion du jeudi 10 janvier 2019 Durée : 3min

Le 7 janvier 1934, le Maire de Bayonne, Joseph Garat, était envoyé en prison. L’affaire qui secoue le « crédit municipal » de la ville devient peu à peu l’affaire Stavisky. Le scandale fait maintenant tâche d’huile au point de devenir une affaire nationale.

A Bayonne, l’incarcération du maire crée un véritable séisme. Accusé de vols de bijoux, détournement de fonds publics, escroqueries, Garat présente sa démission par écrit le 11 janvier. 7 conseillers municipaux en font de même. Selon un gardien, « Garat est méconnaissable. Effondré, il pleure sans cesse ». Ses larmes vaudront à la Prison d’être baptisée « Villa Chagrin ». Mais l’austère bâtisse souffre de vétusté. Elle n’offre ni chauffage, ni cuisine améliorée. Qu’importe : des Poêles chauffants et des sanitaires privés sont installés à la hâte. Pour améliorer l’ordinaire du prestigieux pensionnaire, un restaurateur réputé du quartier Saint Esprit livre quotidiennement des plats. La presse nationale déboule en nombre à Bayonne. Elle accable le Maire déchu. Un certain Stavisky alias « Serge Alexandre », l’ex flambeur des casinos de la côte basque, serait activement recherché. Il a hélas disparu.

Selon la police, M. Alexandre se nomme en réalité Stavisky. C’est un escroc de génie qui n’en est pas à son coup d’essai. Il entame sa carrière en dérobant l’or des prothèses que son dentiste de père fabrique. A Paris, il se distingue à nouveau en emportant la caisse du Théâtre des Folies Marigny. 

A Orléans, il expérimente le filon du « Crédit Municipal » en se faisant prêter de fortes sommes d’argent par le « Mont de Piété ». Pour cela, il dépose en gage de fausses émeraudes qu’un complice « expert » avait évaluées à prix d’or. Ce faux expert en bijoux, c’est Cohen que l’on retrouve, ensuite, à Bayonne. L’affaire sera pourtant classée sans suite. 

A Bayonne, son coup de génie est le coup de trop. Selon les policiers, Staviksy a mis en circulation plus de 235 millions de Frs en faux bons au porteur. Le Juge D’Uhalt diffuse un mandat d’arrêt contre lui. Il veut l’entendre au plus vite.

L’homme est introuvable. Staviksy a un chalet à Chamonix, en Savoie. Il part s’y planquer accompagné de son garde du corps. Mais, les Policiers retrouvent sa trace. Le 8 janvier, ils encerclent le chalet. 

Soudain, une série de coups de feu retentit. Les enquêteurs défoncent la porte. Il est trop tard. Stavisky se vide de son sang. Il gît au pied de son lit, suicidé d’une balle dans la tête. Il meurt dans la soirée. La presse se déchaîne, accusant la Police de l’avoir exécuté pour le faire taire… 

Selon le rapport balistique officiel, la balle fatale a été tirée à plus de 3 mètres du défunt. Certes, Stavisky avait le bras long, mais pas à ce point… L’affaire judiciaire Bayonnaise devient alors un scandale d’État.