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L'affaire Stavisky
L'affaire Stavisky © Getty

Signé Stavisky. Épisode n°5 : La Chute.

Diffusion du vendredi 11 janvier 2019 Durée : 3min

Il y a 85 ans, un scandale d’État secouait le pays : l’affaire dite du « crédit municipal » de Bayonne devient l’affaire Stavisky. On passe d’une affaire judiciaire Basque à un retentissant scandale politique.

L’enquête ouverte à Bayonne se poursuit dorénavant à Paris. 

Staviksy était déjà fiché comme un escroc de haut vol, richissime et mondain, qui s’affichait fièrement au bras d’Arlette, une ex-mannequin de Coco Chanel. L’affaire ébranle la République. 

L’enquête judiciaire démontre en effet que Stavisky a pu agir en toute impunité si longtemps car il bénéficiait de nombreuses compromissions. L’escroc n’oubliait jamais de graisser la patte au sein de la police, la justice, la presse et le monde politique. Le ton monte. Une grève générale est lancée. Le 6 février 1934, une manifestation, Place de la Concorde à Paris, dégénère en émeute sanglante. Bilan 17 morts dont 1 Policier.

Le 20 février 1934, un énième rebondissement se produit : un Magistrat du Parquet de Paris, en charge de l’affaire Staviksy, est retrouvé mort, déchiqueté, sur les rails du train reliant Paris à Dijon. Selon la Police, c’est un suicide. Encore. 

Le lendemain, il devait remettre un rapport au Garde des Sceaux sur l’enquête Stavisky. La veille de son décès, plusieurs témoins l’ont aperçu se débattant entre 2 hommes dans un véhicule automobile. Autre mystère : le fameux rapport, qu’il conservait dans sa mallette, a disparu. Était-il si gênant ? Nul ne saura jamais. Sous la pression de la rue, le Préfet de Police de Paris et le Garde des Sceaux démissionnent de leurs fonctions. 

Pendant ce temps, l’instruction s’achève. En Novembre 1935, 20 accusés comparaissent devant la cour d’assises de la Seine. Parmi eux, Garat, l’ancien maire de Bayonne, sous les verrous depuis 20 mois.

Le procès de l’affaire Staviksy s’ouvre comme un spectacle sans son principal acteur. Mais, son ombre plane sans cesse sur les débats. Montant total de l’escroquerie : 259 millions de francs un an plus tôt. Au soir du 17 janvier 1936, Tissier, l’ex-directeur de l’établissement bayonnais, écope de 7 années de travaux forcés. Garat, le Maire déchu est condamné à 2 ans de prison ferme. Une peine symbolique face à l’immensité du désastre. 

Une phrase résume cette affaire : « Toutes les consciences sont achetables. Il suffit d’y mettre le prix ». Une phrase signée Staviksy.