Replay du lundi 23 septembre 2019

Sur la route de Rabastens / Épisode n°1 : Gaston et Fernand (Affaire Castillan/Carte)

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Août 1958, deux maquignons sont froidement exécutés en rentrant du marché aux bestiaux de Rabastens de Bigorre. Le vol est le mobile du crime. Quinze mois durant, les gendarmes tentent de répondre à une question : qui est le tueur de Rabastens ?

Rabastens de Bigorre, théâtre d'un drame...
Rabastens de Bigorre, théâtre d'un drame...

C’est un spectacle à nul autre pareil : il y des vaches, des veaux par centaines. Il y a l’odeur du bétail et le bruit des meuglements. Il y a ces maquignons vêtus d’une blouse noire et d’un béret vissé sur le crâne. A gauche ou à droite de leur veste, il y une bosse proéminente : c’est l’emplacement de leur portefeuille gonflé de billets de banque tout froissés. La règle est simple : jamais de chèque. Bienvenue à Rabastens de Bigorre. Depuis le moyen-âge, l’ancienne bastide royale accueille, chaque lundi, l’une des plus importantes foires aux bestiaux de la région. Un rendez-vous traditionnel et réputé où vendeurs et acheteurs se connaissent et se jaugent. Ici, on parle davantage le patois que la langue de Molière. Lorsqu’une bonne affaire est conclue, on scelle l’accord par une poignée de mains et un ballon de rouge au café d’en face. Ici, Gaston Carte est une figure. Âgé de 61 ans, il est connu comme l’un des plus gros négociants du coin.

Chez les Carte, le métier de maquignon se transmet de père en fils. Le vieil homme, à la forte corpulence, connaît ce marché de Rabastens comme le fond de sa poche. Fernand, son fils cadet âgé de 34 ans, l’accompagne ce lundi 4 août 1958. 11h30 sonnent à l’église du village. Une chaleur étouffante enveloppe la place centrale. La foire tire à sa fin. Gaston scrute une belle vache laitière quand un homme, plutôt jeune, lui tape l’épaule et l’interpelle : « Pardon, Monsieur, je suis éleveur près d’ici. Mon père est hospitalisé suite à un accident. J’ai 7 bêtes à vendre. Je vous ferai un bon prix ; ça vous intéresse ? ». Flairant la bonne affaire, Gaston tend l’oreille. Il veut voir immédiatement. Les 2 maquignons montent à l’avant de leur traction Citroën noire tandis que l’inconnu prend place à l’arrière. Direction : le village d’Haget, dans le Gers. La berline s’éloigne sans tarder. Au foirail de Rabastens, personne ne reverra les 2 maquignons vivants...