Replay du mardi 24 septembre 2019

Sur la route de Rabastens / Épisode n°2 : Plein les Poches (Affaire Castillan/Carte)

A l’automne 1959, des Foires de Garris à Hélette en passant par Saint-Palais, un fait-divers domine les discussions : un an plus tôt, le lundi 4 août 1958, deux maquignons Gersois, rentrant du Marché aux bestiaux de Rabastens de Bigorre, disparaissaient subitement...

Qui donc est l'auteur de ce double meurtre ?
Qui donc est l'auteur de ce double meurtre ? © Getty

Il est midi. Le soleil est au zénith. Paulette et Louise aperçoivent la traction noire des deux maquignons sur la route départementale menant à Villecontal. Le véhicule roule à vitesse réduite. Le père et le fils Carte sont assis à l’avant. Un troisième homme semble installé à l’arrière. A l’intérieur, ça parle fort et ça rit aux éclats. La berline noire s’engage sur un chemin en pente, en direction du village d’Haget. Quelques instants plus tard, trois détonations retentissent. Vers midi 45, un automobiliste circulant sur la côte de Clarac ralentit. Un détail l’intrigue : la traction noire est stationnée sur le bas-côté, les deux roues avant dans le fossé. Albert s’arrête un instant. Les deux occupants semblent endormis. Comme s’ils faisaient la sieste. Le jeune homme reprend sa route. A 13h, une agricultrice ralentit et scrute la scène. Elle aussi pense qu’ils se reposent à l’ombre. « Curieuse posture pour une sieste ». Bizarrement, des débris de verre jonchent le sol.

L’automobiliste s’approche. Elle ouvre la portière. Ce qu’elle découvre soulève le cœur : le chauffeur a la tête inclinée vers l’arrière ; une plaie sanglante transperce son oreille droite. Quant au passager, un vieil homme de forte corpulence, il porte 2 blessures fatales à la nuque et dans le dos. Affolée, la dame fonce à la cabine téléphonique la plus proche d’où elle donne l’alerte. Les gendarmes de Rabastens arrivent et entament les premières constatations. Ils comprennent vite que les deux hommes ont été froidement exécutés de plusieurs balles dans le dos. A l’intérieur du véhicule, ils découvrent cinq douilles vides de type 11,43. Des balles énormes. Le double meurtrier a donc utilisé un revolver de type Magnum. Pourquoi diable une telle exécution en règle ? Pour le pognon ! Le portefeuille de Gaston Carte a été arraché de son veston. Il contenait 3,5 millions d’anciens francs en petites coupures. Reste à déterminer qui a fait ça...