Replay du mercredi 25 septembre 2019

Sur la route de Rabastens / Épisode n°3 : De sang froid ! (Affaire Castillan/Carte)

Il y a 60 ans, à l’automne 1959, un retentissant fait-divers alimentait la chronique régionale des faits divers. Un an plus tôt, au cœur du brûlant été 58, deux maquignons Gersois étaient froidement exécutés à leur retour du Marché hebdomadaire aux bestiaux de Rabastens de Bigorre...

Les gendarmes enquêtent...
Les gendarmes enquêtent... © Getty

Tandis que le Général de Gaulle est en déplacement diplomatique au Congo, Michel Debré, son premier ministre, met la dernière main au texte de la nouvelle Constitution qui fondera, deux mois plus tard, la Vème République. Dans le Sud-Ouest, l’annonce du double meurtre des maquignons de Rabastens fait soudain la Une des titres de l’actualité en ce brûlant été 1958. Les quotidiens se passionnent chaque matin pour cette énigme criminelle qui semble insoluble. Les gendarmes disposent de peu d’indices au démarrage de leur enquête. A force de témoignages et d’interrogatoires, ils reconstituent le fil des évènements : Gaston Carte et son fils, Fernand, sont arrivés aux environs de 9h, ce lundi 4 août 58, sur le foirail de Rabastens. Plusieurs témoins jurent les avoir aperçus partant, vers 11h30, en compagnie d’un inconnu âgé d’une trentaine d’années. Qui est cet homme ? Hormis un vague signalement, les indices sont maigres.

Selon les données du légiste et de la balistique, le meurtrier a exécuté les deux maquignons de plusieurs balles tirées dans le dos et dans la tête, alors que le véhicule roulait à vive allure, en direction du village bigourdan de Barbachen. Les deux victimes n’ont même pas eu le temps de réagir. La voiture a ensuite dévalé la côte sur plusieurs mètres avant de terminer sa course dans un fossé. Le meurtrier a alors arraché la chaînette accrochant le portefeuille du vieux Gaston à son veston. Détail macabre : pour retarder la découverte des corps, il a maquillé la scène en donnant l’illusion que les 2 maquignons piquaient une sieste à l’ombre d’un arbre. Le meurtrier s’est ensuite volatilisé à pied, à travers champs. Une chose est sûre. C’est du travail de professionnel. L’émotion est considérable. Les deux victimes appartenaient à l’une des familles les plus riches de la région. La presse exige qu’on arrête au plus vite « le Tueur de Rabastens ».