Replay du jeudi 26 septembre 2019

Sur la route de Rabastens / Épisode n°4 : Pêche aux Indices (Affaire Castillan/Carte)

Qui a tué les deux maquignons Gersois à leur retour du marché aux bestiaux de Rabastens de Bigorre, ce lundi 4 août 1958 ? C’était il y a 60 ans. L’affaire vire à l’énigme criminelle mais des témoins vont aider à la résoudre…

Les gendarmes tiennent enfin leur premier suspect...
Les gendarmes tiennent enfin leur premier suspect... © Getty

Un témoignage fait progresser l’enquête. Jean Duprat est un petit fermier du secteur. Ce lundi 4 août, il a vu les deux maquignons monter à bord de leur traction en compagnie d’un troisième homme. Il est le dernier témoin les ayant vus vivants. Une demi-heure plus tard, le père et le fils Carte n’étaient plus de ce monde. La solution de l’énigme passe donc par l’identification de ce troisième homme. Qui est-il ? Sur le foirail, l’inconnu a abordé plusieurs maquignons, affirmant qu’il avait des bêtes à leur vendre. Pour seul détail, il disait habiter le village Gersois d’Haget, à 3 kilomètres de là. Disait-il vrai ou faux ? Au foirail de Rabastens où chacun se connaît, personne ne l’a jamais croisé ! Les langues peinent à se délier. Comme si les témoins redoutaient des représailles. Les gendarmes insistent. En vain. Un mois plus tard, un pêcheur à la ligne apporte aux enquêteurs le portefeuille de Gaston Carte. Il y a sa carte d’identité, mais le magot a évidemment disparu. 

Un armurier de l’arsenal de Tarbes livre une précision de taille aux enquêteurs. En examinant les douilles découvertes sur la scène de crime, il en déduit que l’arme utilisée est une arme de guerre. Comme celles que les Alliés parachutaient à la Résistance durant la dernière guerre. Intéressant, mais insuffisant. A force d’écumer inlassablement les foirails du secteur, les enquêteurs finissent par décrocher un indice puis un nom. Selon plusieurs témoins, l’inconnu du foirail de Rabastens présente un sourcil gauche plus haut que le sourcil droit. Sous le manteau, plusieurs éleveurs glissent le nom de René Castillan. L’homme est né à Auch en 1929. D’origine espagnole, son portrait colle à celui du suspect au détail près. Six ans plus tôt, il s’engageait en Indochine dans les rangs de l’armée Française. Revenu au pays, l’homme a la réputation d’être un guerrier redoutable qui manie les armes à la perfection. Est-il le tueur ?...