Replay du vendredi 27 septembre 2019

Sur la route de Rabastens / Épisode n°5 : Face à la Guillotine (Affaire Castillan/Carte)

Deux maquignons Gersois sont froidement exécutés, au retour du marché aux bestiaux de Rabastens de Bigorre, un lundi d’août 1958. L’enquête s’avère longue et compliquée pour les gendarmes. Pourtant, la vérité finit par se faire jour…

Face à la guillotine...
Face à la guillotine... © Getty

Quinze mois durant, les gendarmes enquêtent et travaillent d’arrache-pied. Chaque piste qu’ils explorent ramène inexorablement vers un unique suspect : René Castillan, 32 ans, vétéran de la guerre d’Indochine reconverti comme concierge d’un châtelain Gersois. Le 25 novembre 1959, Castillan est suspecté d’avoir dérobé des sacs de blé chez le meunier du village. Son incarcération à la prison d’Agen délie les langues de plusieurs témoins qui n’osaient parler, par craintes de représailles. L’ex-baroudeur médaillé inspire la peur dans son canton où l’on raconte qu’au Vietnam, son commando maniait le poignard à la perfection… Un garagiste témoigne : peu avant le double meurtre, il a prêté un Colt 11.43 à Castillan qui a « oublié » de le lui rendre. "FA 43", ce sont les douilles découvertes dans la traction des deux victimes. Enfin, un vieil éleveur désigne Castillan comme étant l’homme parti du foirail, avec les deux futures victimes.

Le témoignage d’un garagiste de Rabastens précipite les investigations. Le lendemain du double meurtre, Castillan s’offrait une DS 19 flambant neuve. Valeur : 1 million d’anciens francs payés en billets usagés. Après 20 mois d’enquête, Castillan est inculpé pour vol et assassinats. L’ex-soldat conteste tout. Les témoins ? Ils se trompent. L’argent de la DS ? Des économies provenant d’une cagnotte amassée en Indochine. Sa présence à Rabastens le jour du drame ? Une pure coïncidence. Il cherchait « à recruter un métayer ». Un ami lui assène le coup de grâce. Deux jours avant le crime, une question taraudait Castillan. Il voulait savoir si à Rabastens, les maquignons payaient en chèques ou en cash… Janvier 1961, le procès s’ouvre aux assises. La presse nationale est là. Castillan est reconnu coupable de ce double crime. Il échappe malgré tout à la guillotine. La Cour le condamne aux travaux forcés à perpétuité...