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Alberto Contador en conférence de presse
Alberto Contador en conférence de presse © Getty

Un Steak Dopant, Por Favor ! : L’Honneur du Boucher (Alberto Contador)

Diffusion du jeudi 26 juillet 2018 Durée : 2min

Fin septembre 2010, l’Union Cycliste Internationale lance un pavé dans la mare : elle suspecte le triple vainqueur du Tour Alberto Contador, d’avoir eu recours à des substances dopantes. Le champion renvoie la faute à de la viande de bœuf qu’il aurait consommée. L’enquête de l’UCI rebondit à Irun...

La ville frontalière d’Irun compte une cinquantaine de commerçants bouchers. Certes, beaucoup d’entre eux se passionnent pour le cyclisme, supportant même leur idole nationale. Mais, aucun n’accepte de couvrir Alberto Contador au point d’admettre que la viande vendue localement serait contaminée au Clenbuterol. Courant 2011, les enquêteurs de l’Agence Mondiale Antidopage débarquent en Gipuzkoa, où ils finissent par identifier le boucher responsable du scandale Contador. Selon l’enquête, la viande consommée par le coureur espagnol a été achetée à la « Carniceria Y Charcuteria Larzabal ». A sa tête, Javier Zabaleta, 63 ans. Un commerçant prospère et sans histoire. L’artisan tombe des nues en apprenant la nouvelle. Certain de sa bonne foi, il ouvre aussitôt les portes de ses ateliers frigorifiques aux inspecteurs.

Les analyses réalisées à partir d’échantillons de viande commercialisée chez Javier Zabaleta livrent leur verdict : aucune trace de Clenbuterol n’a été décelée. L’artisan Basque s’estime lavé de tout soupçon, lui qui insiste sur la traçabilité et la qualité des viandes que beaucoup de Français viennent acheter, chaque fin de semaine, sur ses étals. Éprouvé par ce scandale, il confie avec humour : « certains clients lui réclamaient un steak Contador, pour être performant à la maison… ». La thèse du steak dopé a maintenant du plomb dans l’aile... 

Novembre 2011, le boucher basque s’envole en Suisse pour témoigner devant les experts de la lutte antidopage, à Lausanne. 2 jours durant, il défend la qualité de ses produits et l’honneur de son commerce de famille. Face à lui, Alberto Contador écoute tête basse, les yeux rivés au sol. Qui a dit que la meilleure défense, c’est l’attaque ?