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Affaires classées © Maxppp - Maxppp

Valises garnies : cavalerie de haut vol (Jean-Pierre Destrade)

Diffusion du lundi 9 juillet 2018 Durée : 2min

Janvier 1995, l’ancien député basque, Jean-Pierre Destrade, est écroué à la prison de Pau. Les juges enquêtent sur le curieux fonctionnement de ses 66 comptes bancaires. Cette affaire allait rapidement devenir l’une des plus importantes affaires financières de la décennie.

A l’été 1993, la justice ouvrait (discrètement) une enquête sur l’homme fort du Parti Socialiste en Pays Basque, le luzien Jean-Pierre Destrade. Ce jeune docteur en mathématiques, né à Biarritz en 1941, a 24 ans lorsqu’il rejoint le club politique fondé par un certain François Mitterrand. En 1965, le futur Président de la République acquiert sa ferme de Latché, dans les Landes. Jean-Pierre Destrade fait alors la connaissance de Pierre Joxe, Pierre Beregovoy, et de l'ossalois Henri Emmanuelli, qui deviendra député des Landes, puis trésorier du Parti Socialiste. La carrière politique de Destrade est lancée : en 1976, il devient le premier conseiller général élu à Biarritz, sous les couleurs du parti de la rose. En 1981, le voilà élu député de Bayonne. Jean-Pierre Destrade prend alors ses quartiers à Paris : à la direction du Parti Socialiste, dont il devient porte-parole en 1984, puis au sein de la fameuse commission nationale d’urbanisme commercial : un poste qui le perdra.

Les premières déconvenues surgissent en 1988 pour celui qui est considéré comme la figure du P.S au Pays Basque.

Battu aux législatives de 1988, Jean-Pierre Destrade devient conseiller général du canton de Saint Pierre d'Irube. En janvier 1993, le Crédit Mutuel de Bayonne lui coupe les vivres. Sa banque refuse d’honorer 20 chèques sans provision qu’il vient d’émettre pour un montant total de 2,5 millions de francs. L’élu prend alors sa plume. Il écrit au sous-préfet de Bayonne qu’il est victime d’un racket de l’organisation terroriste Basque ETA. Discrètement, la police judiciaire ouvre une enquête. Surprise : l’élu a menti., le racket n’a jamais existé ! Les policiers découvrent que l’élu dispose de 66 comptes bancaires ouverts dans 25 agences différentes… De généreux donateurs lui prêtent beaucoup d’argent qu’il dépose à la banque, avant de le retirer en liquide et le verser sur d’autres comptes. En droit, cela s’appelle de la cavalerie à grande échelle. L’affaire Destrade commence.