Toutes les émissions

Affaires classées

Les avocats de Jean-Pierre Destrade
Les avocats de Jean-Pierre Destrade © Maxppp - MaxPPP

Valises garnies : clap final (Jean-Pierre Destrade)

Diffusion du vendredi 13 juillet 2018 Durée : 2min

A l’été 1995, l’ex-député basque Jean-Pierre Destrade livrait de sulfureuses confidences : il dit avoir collecté des fonds occultes auprès des grands noms de la distribution commerciale pour le compte du Parti Socialiste...

Nous sommes le 15 octobre 1998, trois années ont passé depuis la confession rédigée par Jean-Pierre Destrade du fond de sa prison. Le juge d’instruction met Henri Emmanuelli en examen pour trafic d’influence. Furieux, l’homme fort du PS dans les Landes jure ses grands dieux que Destrade a menti sur toute la ligne. Selon lui, tout est nickel au PS depuis la loi votée en 1990 sur le financement des partis politiques. Imperturbable, le juge d’instruction poursuit son enquête. A l’automne 2001, il frappe au domicile parisien du 1er Ministre en exercice, Lionel Jospin. L’ex 1er secrétaire du PS est entendu en qualité de témoin. En vain là encore. Jospin affirme sous serment n’être au courant de rien. L’affaire Destrade occupera le Juge d’instruction durant sept longues années. Mais, le résultat est maigre...

C'est en plein cœur de l’été 2004 que le juge rend sa copie. Malgré une enquête tentaculaire, il s’est heurté à la loi du silence, aux faibles moyens humains mis à sa disposition, et à la mauvaise volonté du Royaume-Uni, du Luxembourg ou du Panama. Tous ont refusé de collaborer judiciairement avec la France. Faute de preuves, la justice jette l’éponge sur le circuit opaque des commissions occultes. Henri Emmanuelli est définitivement blanchi. 6 mois plus tard, le procès de l’affaire Destrade s’ouvre en correctionnelle. Infatigable, l’élu basque nie tout enrichissement personnel, lui qui affiche dorénavant un modeste train de vie. Inlassablement, il répète avoir agi comme un simple porte valise du PS auprès de la grande distribution. 

Verdict : Trois ans de prison dont deux avec sursis. Indulgents, les juges l’autorisent à achever son mandat de conseiller général. La politique, sa vie, son œuvre...