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Le proces de l'affaire Destrade à Pau en 2005
Le proces de l'affaire Destrade à Pau en 2005 © Maxppp - JL Duzert

Valises garnies : la chute (Jean-Pierre Destrade)

Diffusion du mardi 10 juillet 2018 Durée : 2min

A l’été 1993, la justice bayonnaise s’intéressait de près aux étranges affaires financières de l’ex député basque, Jean-Pierre Destrade. Les enquêteurs de la police judiciaire de Bayonne découvraient que des sommes colossales ont transité sur ses 66 comptes bancaires.

Entre 1988 et 1991, plus de 135 millions de francs ont transité sur les 66 comptes bancaires de l’ancien porte-parole du PS Jean-Pierre Destrade . Certes, l’élu basque a l’argent facile : lors d’un voyage des conseillers généraux à bord de l’Orient-Express, Jean-Pierre Destrade offre la tournée générale : « Champagne pour tous ! ». Sur les marchés de son canton, l’élu ne se prive jamais d’emprunter de l’argent aux commerçants « pour le PS » dit-il.  Au printemps 1994, la police judiciaire le convoque pour s’expliquer. A 3 reprises, il fait faux bond.  D’étranges relations d’influence parasitent l’enquête au Pays Basque au point que l’affaire s’enlise. Le 2 janvier 1995, le dossier est discrètement dépaysé à Pau. Trois jours plus tard, changement de musique : quatre policiers sonnent à la porte de son domicile de Saint Jean-de-Luz. Munis d’un mandat d’arrêt, ils le conduisent séance tenante au palais de justice de Pau. En janvier 1995, le juge Jean-Louis Lecue met Jean-Pierre Destrade en examen pour une kyrielle d’infractions : escroqueries, abus de biens sociaux, faux en écritures, dénonciation de délit imaginaire. Face au Juge, l’élu basque jure que cette manne providentielle provient de sa belle-famille. Mais, le magistrat n’en croit pas un mot. 

Au terme d’une audition d’une dizaine d’heures, Jean-Pierre Destrade est placé sous mandat de dépôt. 

Face à une forêt de flashs et de caméras, Jean-Pierre Destrade descend les marches du palais de justice avant de s’engouffrer dans un fourgon de police. Direction, la prison de Pau. L’annonce fait l’effet d’une bombe ! Au siège parisien du PS comme sur la côte, certains s’inquiètent à juste titre. L’ancien homme fort du Parti Socialiste au Pays Basque est dorénavant un homme déchu.