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Au nom des lieux

Barbizon
Barbizon - Mussklprozz - CC

Des peintures, mais pas de bisons, à Barbizon

Diffusion du mercredi 6 septembre 2017 Durée : 2min

Nous partons donc pour une commune d’un peu plus de 1500 habitants mais connue du monde entier par tous les passionnés de peinture. Et c’est une histoire qui a commencé au début du XIXe siècle… Jean, vous nous en dites plus ?

Eh bien commençons par la géographie, nous nous trouvons à la frontière de la Forêt de Fontainebleau avec les belles futaies du Bas Bréau qui, dès 1830, émerveillent les peintres soucieux de trouver une nature authentique, et voici Théodore Rousseau, à la fois réaliste et romantique, personnalité dominante touchée par les beautés de la forêt de Fontainebleau et qui va lancer une façon de peindre, qu’on va appeler l’école de Barbizon. Les frères Goncourt, sensibles à l’art, écriront que « chaque arbre semblait un modèle entouré de boîtes à couleurs », ce qui définit bien l’engouement des peintres pour ce lieu, et il faut par exemple citer Corot et Millet qui y séjournèrent, notamment à l’auberge du Père Ganne, devenu le rendez-vous de ces artistes qui ont révolutionné la peinture. Cette auberge est d’ailleurs devenue un musée dédié à l’École de Barbizon.

Alors, question, d’où vient le nom de cette cité mythique dans l’histoire de la peinture ?

Eh bien, on va commencer par une complainte légendaire dite Complainte de l’auberge Ganne dont voici un extrait « Une auberge à la lisière D’la forêt d’Fontainebleau, Là vont y manger du veau Ces peintres à la lisière, Ces peintres de Barbizon Ont des barbes de bisons, C’est l’auberge du père Ganne. On y voit de beaux panneaux Peints par peintres pas novices et qui ne sont pas des ânes. Les peintres de Barbizon Peignent comme des bisons ». Bon, ça se veut un compliment, mais, évidemment, Barbizon ne doit rien aux bisons… Deux origines sont possibles : soit le latin barbitio, attesté en 808, relève d’un nom de personne, soit il s’agit d’un mot désignant un lieu boueux. Où a pu en définitive pousser une végétation magnifique. Mais pas la moindre grotte bien sûr avec un dessin de bison… On doit tout aux peintres du XIXe !