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Au nom des lieux

Ciel de Paris
Ciel de Paris © Getty - Julien Fromentin

Ciels de Paris

Diffusion du mardi 27 novembre 2018 Durée : 1min

Ça m’arrive sur Facebook, comme à mes amis de France Bleu qui arrivent tôt le matin, de donner une image de la vue extraordinaire que l’on a de nos studios sur la tour Eiffel à l’horizon proche, sous des ciel au soleil levant parfois magnifiques, et je mets sur les réseaux, on le fait tous ici dès qu’il y a un ciel presque magique. Ce sont dans le fond ce qu’on appelle les « ciels de Paris ». Ce sont vos mots de ce matin, Jean…

En effet, Robin, même si on pourrait dire plus largement les « ciels de l’Île de France », mais il est vrai que c’est précisément la formule « ciel de Paris » qu’on retrouve çà et là dans la littérature. Par exemple, je lis dans le Journal des Goncourt, en 1883, « Le ciel de Paris avec ses bleus délavés », de très jolis délavés. C’est une certitude, derrière cette formule « ciel de Paris », il y a une sorte de poésie qui s’installe. Par exemple encore, en 1899 dans des Stances de Jean Moréas, poète symbolistes, s’exclamant un soir nuageux : « La lune manque à ce ciel de Paris ». Il n’est pas jusqu’à Albert Camus, qui a pourtant passé son enfance en Algérie, sous des ciels d’azur, qui ne fasse référence au « Ciel de Paris ». Le voilà en 1944, dans Actuelles, évoquant à la Libération « Dans la plus belle et la plus chaude des nuits d’août, le ciel de Paris » qui « mêle aux étoiles de toujours les balles traçantes, la fumée des incendies » 

Le Ciel de Paris, c’est aussi un restaurant connu… 

En effet, c’est un restaurant gastronomique et panoramique, dans le 15e arrondissement, situé au 66e et avant-dernier étage de la Tour Montparnasse, à 210 m de hauteur, inutile de dire que c’est un des plus hauts restaurants de Paris et de l’Europe, et qu’on y voit le ciel mieux que partout… Il a été inauguré en 1973. Et il s’appelle légitimement « ciel de Paris », ce qui confirme que c’est bel et bien une formule en usage. Et quand on dîne ou déjeune à cet étage, c’est bon de souvenir que ciel vient du latin caelum et qu’i désignait le « séjour des dieux ». Nom de Zeus, qu’il fait bon sous le Ciel de l’Île-de-France