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Au nom des lieux

Le bidonville de Nanterre dans les années 1960
Le bidonville de Nanterre dans les années 1960 © Getty - Manuel Litran - Corbis Historical

L'expositions sur les bidonvilles à Nanterre

Diffusion du lundi 28 janvier 2019 Durée : 47s

Place au souvenir de quelque chose qu’on voudrait ne plus voir en région parisienne. Mais, justement, pour en garder le souvenir, il y a une exposition sur les grilles du Parc départemental du Chemin de l’Île à Nanterre. L’exposition est consacrée aux… bidonvilles. C’est un reportage photographique à partir de clichés pris en 1968 par Serge Santelli, photos qui ont fait l’objet d’un don au Département des Hauts-de-Seine. 

En effet, il s’agit de documents portant sur les bidonvilles de Nanterre, documents qui sont la propriété maintenant des Archives départementales. Ne pas oublier en effet qu’au 93 de la rue des Prés à Nanterre, existait depuis les années 1950 un bidonville important. D’où sur les grilles du parc départemental du Chemin-de-l’Île de Nanterre des photos exposées qui en rappellent l’horreur. Un mot sur ce Parc, il fait presque 15 hectares et a été ouvert en 2006, fondé sur le recyclage naturel des eaux de la Seine avec des espaces de jeux pour les enfants, c’est un jardin qui illustre ce qu’on appelle l’éco-diversité, belle reconversion, bien éloignée des bidonvilles qui se trouvaient à Nanterre.

D’où vient ce nom bidonville, dont on comprend vaguement le sens, en gros des habitations construites avec des bidons… c’est bien cela ? 

Exactement. Le mot est apparu oralement un peu avant 1950, attesté par écrit en 1953 dans un article du Monde, du 9 septembre, pour désigner des abris de fortune, sans hygiène, où vivait une population misérable, à la périphérie de Paris, le plus souvent dans des zones réputées impropres à l’urbanisation. On a par ailleurs la première trace du mot bidon en 1523 en tant que petit récipient pouvant se fermer, d’où les bidons d’huile au XXe s. En 1883, il a aussi désigné en argot le ventre, par sa forme rebondie. Hélas dans les bidonvilles, on ne mangeait pas à sa faim, point de bidons. On le perçoit hélas sur les photographies. À ne pas oublier. Être bien logé et ne pas avoir faim : c’est un objectif permanent pour tous. Pas encore atteint à dire vrai…