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Un crieur dans une rue agitée
Un crieur dans une rue agitée © Getty - Grafissimo - DigitalVision

Les Crieurs de journaux

Diffusion du mardi 2 avril 2019 Durée : 1min

Finalement la Tour Eiffel ne sera pas démontée pour être installée à côté de Radio France, le 1er avril était de la partie ! Les Crieurs de journaux ne l’avaient pas annoncé à Paris et en Île-de France. « Crieur de journaux » c’est le mot que vous avez choisi ce matin Jean… Ils ne sont plus très nombreux ?

J’espère qu’il y en a encore. En décembre 2016, on annonçait en effet dans la presse que le dernier vendeur de journaux à la criée à Paris, en l’occurrence pour Le Monde, était sauvé, il pourrait poursuivre son activité, écrivait-on alors. Il s’appelait Ali et j’espère qu’il crie toujours pour annoncer les nouvelles, non sans humour, du type « Le PSG rachète la Tour Eiffel »… En réalité, ce mot de « crieur », est très ancien, on le trouve attesté en 1195, comme « celui qui proclame publiquement quelque chose. ». Toute personne annonçant quelque chose à voix très forte dans la rue fut appelée de fait un crieur, mais il y eut naguère le « crieur public », ayant la charge officielle d’annoncer les nouvelles, précédées parfois d’un battement de tambour. Le crieur public était aussi celui qui annonçait les prix dans les ventes aux enchères à Drouot par exemple. 

En fait, en région Parisienne et dans les grandes villes, le crieur c’est le crieur de journaux… 

Effectivement, Laurent, et on lit dans un roman de Léon Gozlan publié en  1836 ceci : « La voix du crieur se perdait en répétant, voici les événements sinistres qui ont ensanglanté Paris la nuit dernière ». C’est moins joyeux que le déménagement de la Tour Eiffel ! Fort heureusement, contrairement à l’Espagne, Paris n’a pas eu de crieurs de nuit, des personnes chargées d’annoncer l’heure la nuit. Maintenant rien ne vous empêche d’ouvrir votre fenêtre à une heure du matin et de crier : « Il est une heure du matin, braves gens ». Je vous conseille de fermer très vite la fenêtre avant que quelqu’un ne crie au fou. Crier vient du latin quiritare, appeler à l’aide. Aidons le crieur de journaux, mais oublions le crieur de nuit !