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Les toits de Paris
Les toits de Paris © Getty - Luka Svetic - EyeEm

Les toits de Paris, la suite

Diffusion du mardi 14 mai 2019 Durée : 2min

Alors, ce matin, nous partons de nouveau, sur les sommets, sur les toits de Paris mais aussi sur les toits des villes qui bordent le périphérique, toits de même nature dès qu’il s’agit des immeubles, avec pour tous des caractéristiques, que vous allez nous révéler, avec un vocabulaire précis...

On va essayer, parce que de fait ces toits parisiens de zinc et d’ardoise, couleur gris-bleu, relèvent d’une certaine esthétique mais aussi de caractéristiques techniques. Commençons par le zinc, c’est un mot allemand entré en français en 1666 pour les toits, assortis d’un nouveau sens en 1873 pour les comptoirs de cafés que le zinc recouvrait, et d’un autre encore en 1916 pour les avions, vite assimilés à de vieux modèles. Le zinc a trois avantages : il n’est pas cher, il est facile à découper et souder, et relativement léger, il permet des mansardes avec des lucarnes et des œils-de-bœuf. 

Là, on est dans un vocabulaire précis. Tous à nos dictionnaires ! Vous nous expliquer ?

Eh bien le mot lucarne vient d’une langue germanique, le francique, langue de Clovis. Et dès le départ, c’est une ouverture fermée par un clapet ; le mot entre en français en 1335. Il s’agit d’emblée de donner du jour à un espace sous les combles. Les lucarnes sont carrées ou ovales, alors ce sont des œils-de-bœuf, appelés comme cela depuis 1530. Ce type de lucarne ressemble en effet à un énorme œil-de-bœuf, pratiqué soit dans un mur, soit dans un comble sous les toits. Comme la lucarne apporte la lumière, on a baptisé parfois la télévision de petite lucarne et les sportifs savent qu’il s’agit aussi de chacun des angles supérieurs des buts. Paris ne manque pas non plus de toits arrondis, en voûte sphérique, ce qu’on appelle les dômes, celui du Sacré-Cœur ou des Invalides par exemple. Le dôme tire son nom du grec doma, toiture, terrasse, et en passant par l’occitan le mot est entré en langue française en 1600. Comment le toit est-il défini par les auteurs de mots croisés ? « Habit de faîte », le faîte, le sommet. Eh bien vive Paris et l’Île-de-France en habits de faîte...