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Au nom des lieux

Rue d'Orchamp à Montmartre au début du XXe siècle
Rue d'Orchamp à Montmartre au début du XXe siècle © Getty - François le Diascorn - Gamma-Rapho

Rue, avenue, boulevard

Diffusion du lundi 11 juin 2018 Durée : 2min

Aujourd'hui nous partons dans toute l’Île-de-France, partout parce que vous avez décidé de nous parler des mots qu’on utilise tout le temps pour se repérer, comme « rue », « avenue », « boulevard ». Et c’est vrai qu’on habite par exemple une rue, et on ne sait même pas d’où vient le mot. Alors pour tout nous expliquer.

Eh bien oui, le mot route d’ailleurs, vient du latin via rupta, qui voulait dire voie, qu’on se fraie, il s’agit en fait de « rompre » le rocher pour créer la voie, d’où via rupta, voie rompue, abrégée en rupta à l’origine de rupture mais aussi de route donc. Quant à la rue, elle tient son nom d’une image, il s’agit du latin ruga, la ride, d’où une peau rugueuse au départ pleine de rides, et c’est par métaphore qu’on a comparé une rue à une ride, comme un sillon dans la peau de la ville. 

Une ville qui vieillit finalement, en ayant de plus en plus de rues, prend des rides ! Et l’avenue, le boulevard

Eh bien je vais commencer par le boulevard, un mot assez récent puisqu’il entre en langue française avec ce sens moderne en 1803, venant du moyen néerlandais bolwerc, où il désignait un ouvrage de fortification. Et de fait au départ, au Moyen Âge, le bolevers est bien un rempart. C’est au XIXe, lorsqu’on n’a plus besoin de remparts qu’on construisit de larges voies faisant le tour d’une ville sur leur emplacement, en gardant le nom, et ainsi naissaient les boulevards bientôt assimilés à de très larges rues souvent bordées d’arbres. Belle histoire aussi que celle de l’avenue. Ainsi existait jadis le verbe avenir, signifiant « qui allait venir », arriver. On disait il avient que quelque chose, il y avait aussi le participe passé, « avenu », qui est « arrivé », qu’on retrouve encore dans « nul et non avenu » « nul et qui n’est pas arrivé ». Eh bien l’avenue est d’abord la voie qui avient, qui va vers une habitation. Puis ce fut à la manière des avenues conduisant au château, une large voie. Ah les avenues du pouvoir ! Moi je préfère les avenues de la radio… du Président Kennedy par exemple.