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Au nom des lieux

Gare de Saint Gratien
Gare de Saint Gratien - clicsouris - cc

Saint-Gratien était un berger du 7e siècle

Aucun doute, nous nous rendons dans une ville marquée par un saint comme il y en a pas mal en Île-de-France. Saint-Germain, Saint-Quentin, Saint-Cloud, Saint-Brice-sous-Forêt, Saint-Denis, et donc ici Saint-Gratien. Nous sommes donc dans le Val-d’Oise aux portes de la vallée de Montmorency à 10 km au nord de Paris. Alors, Jean, la commune s’est-elle toujours appelée Saint-Gratien ? 

Non. De fait, il y a une tradition de désignation des ville qui consiste à ce que ladite commune puisse être dévolue à un saint, souvent en raison de la présence de reliques, mais aussi, parce que tel ou tel territoire appartenait à une communauté religieuse, et notamment aux moines de Saint-Germain ou de l’abbaye de Saint-Denis. Eh bien c’est ici le cas : les moines de l’abbaye de Saint-Denis ont bâti en effet un oratoire à la mémoire de saint Gratien, en enterrant une relique du saint sous le maître autel. Profitons-en pour rappeler l’origine de ce mot relique souvent utilisé et qui vient du latin reliquiae en signifiant tout simplement les restes d’un corps, le mot devenant ensuite religieux. Alors qui est Gratien ? Tout simplement un jeune berger martyrisé au IVe siècle et canonisé par Dagobert 1er en 628. 

628… alors du coup, le hameau portait un autre nom avant ?

Eh bien oui, avant de pouvoir attester de Sanctus Gracianus en 1186, Saint-Gratien s’est appelé Gailleville, sans doute en fonction du nom d’un gallo-romain. C’est à la faveur du transfert des reliques du martyre jusqu’à Coulombs, près de Chartres, que la commune a changé de nom en bénéficiant, si on peut dire, d’une relique. Un château fut aussi construit dans la commune, dont le propriétaire, le maréchal Nicolas de Catinat a accueilli Bossuet, Fénelon, Vauban, Mme de Sévigné, La Rochefoucauld, c’est impressionnant ! Enfin, au XIXe siècle la ville a connu un bel essor et parmi les Gratiennois, on retiendra alors un grand romancier : Alexandre Dumas. Et un homme de télévision et de radio : j’ai nommé Guy Lux