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Françaises, Français

14h45

2min

Françaises, Français, Portraits - Jacques Prévert

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Jacques Prévert
Jacques Prévert © Getty

C’est le 4 février 1900 tout rond, que dans le quartier le plus miséreux de la capitale, Neuilly-sur-Seine, je vois le jour sous le prénom de Jacques. Papa fait des petits boulots pour nous faire vivre et il est critique de cinoche pour le plaisir.

Maman, elle, me donne le goût de la lecture. A 15 ans, l’école me gonfle, je la quitte et commence aussi des petits travaux. Puis je suis mobilisé à Istanbul, je rencontre l’éditeur Marcel Duhamel qui devient mon ami. Il me loge dans son hôtel à notre retour en France. Queneau et des surréalistes sont aussi là, le soir entre la poire et l’absinthe, on parle, on joue avec les mots, j’invente le terme de « cadavre exquis » pour ces soirées ! Breton le chef de file des surréalistes, me fatigue grave, je le lâche, je ne supporte pas de n’être pas totalement libre.

Je crée mon propre style, langage fleuri et familier dans mes poèmes, lesquels encore aujourd’hui, sont toujours les plus étudiés. Je fais des interventions avec mon collectif « Octobre » auprès des salariés en grève, noue des liens avec Auguste Renoir, Boris Vian, Carl Orff. J’héberge des potes juifs pendant la guerre. Ces engagements politiques sincères sont à l’origine de mes plus grands succès et de quelques déboires, forcément !

« Dieu est formidiable », et « Dans chaque église, il y a toujours quelque chose qui cloche », je bouffe du curé dès que je peux. « T’as de beaux yeux tu sais ? » c’est de moi, j’écris les scénarios et les dialogues de « Quai des brumes », des « Enfants du paradis » et de bien d’autres, je suis incontournable à cette époque !

Sur mon lit de mort, je bosse encore sur le « Roi et l’oiseau », commencé 30 piges ans auparavant avec Paul Grimault. C’est le 11 avril 1977, à 77 ans, qu’à Omonville-la-Petite, dans la Manche, je m’envole rejoindre mes enfants au paradis !

Moi, Jacques Prévert.