Florent Pagny : Show et Business

Florent Pagny : Show et Business

Émission 

Florent Pagny

« Je suis quelqu’un de multiple. Je n’ai pas qu’un seul cerveau ! J’aime varier mon look, éviter les modes, aller à contre-courant ! » explique Florent Pagny toujours libre et changeant, mariole et bon vivant, abondamment chevelu ou la boule à zéro selon son humeur, mais fidèle à sa barbichette et à ses fringues improbables, originales et parfois spectaculaires. Désormais quinquagénaire juste un poil assagi, le chanteur conserve son tempérament de rebelle et son viscéral franc-parler : « Je suis une grande gueule, certes, mais je vais au bout de mes actes et mes ennuis ne durent jamais longtemps ! » Après avoir pris des cours de théâtre, puis de chant classique au Conservatoire de Levallois-Perret, Florent Pagny entame une carrière d’acteur de cinéma dans « Inspecteur la Bavure » de Claude Zidi (1980). On le voit ensuite notamment dans « L’As des as » de Gérard Oury, « La Balance » de Bob Swaim, « L’honneur d’un capitaine » de Pierre Schoendorffer (1982), « Fort Saganne » d’Alain Corneau (1984), ou « La Femme de ma vie » de Régis Wargnier (1986).En 1987, il entame sa carrière de chanteur de variétés avec le succès de « N’importe quoi » suivi en 1988 de « Laissez-nous respirer » et remporte la Victoire de la Musique de la Révélation Masculine.Il conquiert ensuite ses galons de vedette en proposant des albums aux fortunes diverses : « Merci » (1990), « Réaliste » (1992), « Rester vrai » (1994), « Bienvenue chez moi » (1995), « Savoir aimer » (1997 – couronné par la Victoire de la Musique du Meilleur Interprète Masculin et celle du vidéo-clip de l’année), « Châtelet les Halles » (2000), « Ailleurs Land » (2003), « Baryton » (2004), « Abracadabra » (2006), « Pagny chante Brel » (2007), « C’est comme ça » (2009), « Tout et son contraire » (2010), « Baryton, Gracias a la vida » (2012), « Vieillir avec toi » (2014).À partir de 1994, il s’entoure de collaborateurs tels que Jean-Jacques Goldman ou Pascal Obispo, et propose des enregistrements en duo avec des artistes comme Lara Fabian, Isabelle Boulay, Calogero ou Eddy Mitchell.Longtemps pilier de la troupe « Les Enfoirés », il réalise plusieurs tournées à travers la France, se produisant également au Zénith et à Bercy.Il joue dans une douzaine de séries ou téléfilms parmi lesquels : « Fou comme l’oiseau » de Fabrice Cazeneuve (1983), « La Chaîne » de Claude Faraldo (1988), « Milady » de Josée Dayan (2010), ou « Blackout » de René Manzor (2012).Il fait l’objet de deux ouvrages : « Il était une fois… Florent Pagny » par Abécé (2002) et « Florent Pagny, libre et vivant » signé Annie et Bernard Reval (2009).Parrain de la première édition de la « Star Ac’ », il est depuis 2012 coach dans l’émission de TF1 « The Voice ».En 2006, il écope de 15 000 euros d’amende et six mois de prison avec sursis pour fraude fiscale.Il est et membre d’honneur de l’Association européenne contre les leucodystrophiesCompagnon de Vanessa Paradis de 1988 à 1991, il vit depuis 1993 avec l’artiste peintre Azucena Camano qu’il a épousé en 2006, et qui lui a donné le jeune Inca en 1996 et la petite Aël en 1999.Depuis 1997, il partage son temps entre ses domiciles des Yvelines et de Patagonie, avec un passage de quelques années à Miami.Radio-crochets Florent Pagny voit le jour le 6 novembre 1961 à Châlons-sur-Saône et passe ses premières années à Châtenoy-le-Royal en Bourgogne, où son père Jean est vendeur de vignettes et sa mère Odile secrétaire. En 1972, la famille se retrouve en Haute-Savoie, à Bonneville. Odile se souvient encore des dispositions précoces de son rejeton : « À 5 ans, il chantait déjà du Luis Mariano. À 11, il se produisait dans un bar-restaurant proche de la maison devant une centaine de personnes, et à partir de sa treizième année dans les cafés et sur les podiums de la région où il disputait des radio-crochets en interprétant des airs de Michel Sardou ou Gérard Lenorman ! » En matière de musique, le jeune Florent n’est guère aiguillé par la fibre familiale : « Maman qui rêvait d’être un grande cantatrice écoutait de l’opéra à longueur de journée, et papa adorait les morceaux de la Garde républicaine. La chanson, c’était pas vraiment leur truc ! Mais un jour, mon frère a apporté un disque de Brel. J’ai adoré tout de suite. Pendant cinq ans, j’ai tout décortiqué ! » Revers de la médaille, à l’école les résultats ne sont pas fameux, comme le note son institutrice : « C’était un élève turbulent qui ne passait pas inaperçu ! » Magnanimes, l’année de ses 16 ans, ses parents lui donnent le feu vert pour « monter » à Paris tenter sa chance et devenir chanteur professionnel. Il découvre la Ville Lumière, ses galères, ses petits boulots, logeant à l’Armée du Salut, officiant comme baby-sitter puis courtier en publicité, et enfin comme barman de nuit à La Vieille Ferronnerie, temple gay de l’époque. Bonne pioche, c’est là qu’il rencontre l’agent Dominique Besnehard qui lui met le pied à l’étrier et le dirige vers le cinéma ce que l’apprenti star n’avait pas prévu. Les chemins du vedettariat sont parfois impénétrables.Don Quichotte et les moulins à vent Quel que soit le jugement que l’on porte sur la valeur de ses prestations artistiques diverses et variées, Florent Pagny est doté d’une personnalité qui laisse rarement insensible. « Il appartient à une école de la chanson qui remonte à Brassens et même plus loin. C’est un gars qui ne se laisse pas dicter ses lois ! » diagnostique son copain Pascal Obispo. Autre collaborateur, le compositeur Daran le considère comme « un type droit dans ce qu’il dit, pense et vit » . Pour son ami le designer Philippe Starck : « C’est un passionné, il prend des risques dans une société qui n’en prend plus ! » Pour son ancien producteur Yves Bigot : « Il a la complexité des gens simples, c’est un Don Quichotte qui se bat contre des moulins à vent ! » Le récipiendaire de ces éloges, jadis mis en quarantaine par la presse pour avoir brocardé dans une de ses chansons certains journalistes « pseudo-intellos qui jouent du stylo comme des artistes ratés et frustrés » n’oublie pas d’en tirer les leçons : « Mon histoire d’amour avec Vanessa Paradis s’est mal terminée, ce qui a fait les choux gras des magazines. Ça m’a énervé, j’y suis allé un peu fort. C’était encore ma période ado roquet ! » Il garde également en mémoire sa triste traversée du désert au début des années 90, quand le fisc a commencé à s’intéresser à son cas, alors que l’embellie commerciale commençait à battre de l’aile : « Avec le succès, j’avais eu toute la panoplie : les copains, les motos, les belles voitures, tout ! Et tout à crédit. Tout d’un coup, je n’avais plus une tune, plus de potes, plus de nanas, et je ne vendais plus de disques. Il ne me restait plus que ma bagnole et mon chien. Donc, je vivais dans ma bagnole comme un Sdf et en même temps, dans la rue on me demandait des autographes ! C’était dingue ! » D’où sa grande reconnaissance envers Philippe Starck qui, financièrement lui a « sorti la tête de l’eau » , et pour Jean-Jacques Goldman qui lui a permis, au creux de la vague, de « ressusciter musicalement » grâce à des collaborations bienvenues.Quant au feuilleton relatif à ses démêlés avec les impôts, il relativise : « Je plaide coupable d’une partie de mon ignorance et de ma fainéantise. Mais je n’ai jamais triché ! Et j’ai toujours payé, en Argentine, au Etats-Unis et en France ! Maintenant je suis devenu mon producteur de spectacle, mon éditeur, mon promoteur. Je suis un spécialiste de la fiscalité d’artiste. Je pourrais ouvrir un cabinet conseil ! Prendre des tartes dans la gueule, ça fait réfléchir ! » Pas question, pour autant d’abandonner la résistance et de brader sa « liberté de penser » : « Je suis né pauvre, je sais ce que cela représente de gagner de l’argent. Mais que l’État me prenne autant, ce n’est pas équitable ! » Hamac et huile essentielle « Si j’étais resté à Paris, j’aurais sûrement pété un câble ! » Florent Pagny peut remercier sa bonne étoile d’avoir mis un jour sur sa route la belle mannequin et artiste peintre Argentine Azucena – « une perle comme celle-là, il n’y en avait qu’une et c’est moi qui l’ai attrapée » – qui lui a fait découvrir les charmes de la Patagonie devenue sa seconde patrie où il décompresse dans son hacienda de 4 000 hectares : « Désormais, ma devise, c’est : « Facile et agréable ». Là-bas, sans journaux, sans courrier, sans télé, et surtout sans internet, avec un téléphone qui capte quand ça lui plaît, je décroche du pognon, du bordel, des histoires de stars… Je change les fers de mes chevaux, je trie les vis de l’établi, je vais pêcher dans les lacs, je fais la sieste dans mon hamac, et je me vide la tête ! » Patagon en poncho, au sein d’un paysage où tout est « vaste et disproportionné » , il bricole sa collection de voitures de style et de motos tous terrains – une quarantaine –  et s’adonne à ses nouvelles passions : la conception de meubles en bois, et l’élaboration de tisanes et de confitures à base d’une huile essentielle -  la « Rosa Mosqueta » - qu’il a concocté à partir d’une variété de rose locale. Ses terres australes ayant pris une grande valeur, il a pu acheter en Bourgogne une maison à ses parents, mais sait rester raisonnable : « Je n’ai pas placé mon pognon à la Bourse ! Je n’ai pas de matelas ! En fait, je vis toujours légèrement au-dessus de mes moyens pour m’obliger à rester productif ! »

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