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Alexia Cerenys, récompensée par le OUT d'Or de la sportive de l'année.
Alexia Cerenys, récompensée par le OUT d'Or de la sportive de l'année.

Alexia Cérenys, rugbywoman transsexuelle, a reçu le OUT d'Or dans la catégorie sportive de l'année.

Diffusion du mercredi 15 janvier 2020 Durée : 3min

Alexia a fait l'objet de plusieurs articles dans la presse.

Alexia a une véritable passion pour le rugby. Elle a évolué au Stade montois et joue aujourd'hui à Lons, dans le périphérie de Pau.

Alexia a changé d'identité. Elle est née fille dans un corps de garçon et est devenue femme. Mais cela n'a pas été facile ! 

Quand elle était petit, elle ne comprenait pas pourquoi elle ne pouvait pas s'habiller comme une fille et se cachait dans sa chambre à l'abri des regards pour revêtir les habits de sa mère. Jusqu'au jour où, elle s'en souvient très bien, sa mère l'a surprise et la violence de sa réaction fut dévastatrice. Des années plus tard, Alexia a compris que si sa mère a eu une réaction aussi disproportionnée, c'est tout simplement parce qu'elle ne voulait pas qu'Alexia lui emprunte ses affaires ! Une absence de communication qui a profondément marqué la jeune femme. 

Alexia a effectué une transition et est aujourd'hui, définitivement une femme.  Elle n'a fait son coming out qu'à l'âge de 25 ans. Ce qui veut dire, que pendant 25 ans, elle a porté seule, cette douleur de vivre dans un corps qui ne lui correspondait pas. En amour, aujourd'hui, contrairement à avant, elle ne s'interdit plus rien.  Alexia n'hésite pas à dire qu'elle a souvent pensé au suicide. Elle a été très entourée et soutenue. Pour ses parents aussi, ça n'a pas été simple. Ils sont passées par toutes les étapes, la colère, l'incompréhension et la culpabilité.  

Alexia n'aime pas parler de la personne qu'elle était avant sa transition. Elle l'appelle "l'autre". Comme quelqu'un qu'elle n'aime pas,, quelqu'un qu'elle veut oublier, elle ne veut même pas en parler. Néanmoins, dans les deux équipes qui l'ont accueillies (Stade Montois Rugby et Lons), elle n'a jamais eu de problème. Si bien que, même si elle a des soucis transphobes, se coéquipières la défendent !  

Au Stade Montois, elle a dû changer d'équipe puisqu'elle avait fait tout son début de carrière dans des équipes masculines pour basculer dans une équipe féminine.  Alexia, pour devenir une femme, à dû avoir recours à une transition. Et ça, ce n'est pas simple. Le plus difficile c'est "l'entre deux" parce que Alexia avait une physique qui devenait féminin, malgré ses muscles à cause du sport et une voix d'homme. Alors, pour ne pas être remarquée dans la rue, elle a fait comme quand elle était enfant : femme la nuit, chez elle à l'abri des regards et homme, le jour. 

Il se pourrait qu'Alexia soit obligée de prendre des hormones jusqu'à la fin de ses jours. Et contrairement à le légende, les poils ne tombent pas tout seuls ! Prendre des hormones ne change pas le système pileux. Ainsi, elle a dû avoir recours à des séances d'épilation au laser. Le problème est aussi psychologique, parce se battre contre sa pilosité" la renvoie à son état initial.  

Alexia adore porter des robes et des talons hauts mais en trouver en 44 et demi, c'est un peu compliqué ! Aujourd'hui, Alexia s'investit dans des associations qui aide accueille, informe et accompagne les personnes interpellées par un questionnement trans identitaires : l'association Idem à Pau et Trans 3.0 à Bordeaux.

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